Niger : lancement du programme à Djiratawa (Maradi) - Journal du Niger



Niger : lancement du programme à Djiratawa (Maradi)

Maradi,30 septembre 2026 — Loin des grandes artères de Niamey, c'est dans une commune rurale de la région de Maradi…

Maradi,30 septembre 2026 — Loin des grandes artères de Niamey, c’est dans une commune rurale de la région de Maradi que le gouvernement nigérien choisit de donner le coup d’envoi de son programme national de logements sociaux. Ce lundi, la première pierre posée à Djiratawa ne symbolise pas seulement la naissance de 500 maisons : elle marque un choix stratégique, celui de ne pas réserver l’accès au logement aux seules capitales régionales.

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Un chantier pensé pour toutes les tailles de familles

Sur le terrain, les plans prévoient trois formats de villas, conçus pour répondre à des besoins familiaux différents. Les logements de type F2, les plus nombreux avec 400 unités, offrent une chambre, un salon et une douche interne — une configuration pensée pour les foyers restreints. Les 50 villas de type F3 ajoutent une seconde chambre, une salle à manger, une cuisine et un espace de stockage, tandis que les 50 unités de type F4 déploient trois chambres et deux salles d’eau pour les familles plus nombreuses.

Cette diversité n’est pas un détail architectural : elle traduit la volonté des autorités d’éviter un urbanisme uniforme et de coller aux réalités sociales du terrain.

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Djiratawa, premier maillon d’une chaîne nationale

Le programme ne s’arrête pas à Maradi. Porté par la Société nigérienne d’urbanisme et de construction immobilière (SONUCI), il prévoit de dupliquer ce modèle dans les huit régions du pays, à raison de 500 logements chacune — soit 4 000 unités pour cette seule première phase. Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, le Colonel-major Abdoulkadri Amadou Daouda, revendique explicitement cette logique de dispersion territoriale : il refuse de concentrer l’effort de construction dans les grands centres urbains et affirme vouloir irriguer aussi les villes secondaires.

Pour l’administrateur délégué de la commune, Maliki Idrissa, ce choix change la donne localement. Il présente le projet non comme un simple chantier de briques, mais comme un signal tangible envoyé à une population en attente de perspectives concrètes.

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Des routes, de l’eau et de l’électricité avant les clés

Construire des maisons ne suffit pas, prévient le ministre. Chaque opération de logement s’accompagne, selon lui, d’un maillage d’infrastructures : voirie, réseau d’eau potable, électricité, systèmes d’assainissement et de drainage des eaux pluviales, équipements sociaux et espaces publics de proximité. Cette exigence prend un relief particulier dans un pays confronté à une urbanisation rapide et à des épisodes climatiques de plus en plus imprévisibles. Le ministre insiste sur la nécessité d’intégrer systématiquement la gestion des eaux pluviales et la résilience des infrastructures dans chaque nouveau quartier — une manière, dit-il, de basculer d’un urbanisme qui répare vers un urbanisme qui anticipe.

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Un projet qui fait aussi tourner l’économie locale

Derrière les fondations, c’est toute une chaîne de métiers qui se met en mouvement. Entreprises de construction, artisans, ouvriers, ingénieurs, architectes et fournisseurs de matériaux trouvent, avec ce chantier, un débouché direct. Le marché revient à LAMIA, une entreprise nigérienne du secteur du bâtiment et des travaux publics, qui met en avant son expérience et sa volonté de contribuer à la modernisation du pays.

Le ministre pousse la logique plus loin en encourageant le recours aux matériaux locaux et à des techniques de construction innovantes, dans l’objectif de réduire les coûts sans sacrifier la qualité ni la sécurité des ouvrages. Cette orientation vise, à terme, à structurer une véritable filière nationale de production de logements, associant l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé et les futurs occupants eux-mêmes.

Un test grandeur nature pour le reste du pays

À Djiratawa, la cérémonie réunit le Gouverneur de la région de Maradi, le Contrôleur général de Police Issoufou Mamane, le directeur général de la SONUCI Tiné Ousmane, ainsi que des responsables administratifs et sécuritaires régionaux. Au-delà du symbole, cette première étape sert désormais de référence : c’est à l’aune de sa réussite — délais tenus, infrastructures livrées, familles installées — que le gouvernement nigérien évaluera la capacité de son modèle à essaimer dans les sept autres régions du pays.

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