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Maroc : Le nombre d’habitants concernés par la culture illégale du cannabis estimé à 400.000 personnes

Par Hicham Alaoui — Le nombre d’habitants concernés par la culture illégale du cannabis (chanvre indien) au Maroc est estimé à 400.000 personnes, soit près de 60.000 familles, a révélé un rapport sur les études de faisabilité relatives au développement du cannabis, élaborées par le ministère marocain de l’Intérieur.Selon ce rapport dont la synthèse a été présentée en commission parlementaire, les revenus agricoles totaux annuels sont passés d’environ 500 millions d’euros au début des années 2000 à près de 325 millions d’euros aujourd’hui, contre un chiffre d’affaires consolidé en Europe, qui est passé d’environ 12 milliards à près de 10,8 milliards d’euros.

S’agissant des zones de la culture illégale du cannabis, le document fait savoir que celle-ci est pratiquée dans les provinces du nord du Royaume (Al Hoceima, Chefchaouen, Ouezzane, Taounate, Larache et Tétouan). Ces zones ont connu une diminution significative depuis 2003, année où des études ont été réalisées, en collaboration avec le bureau des Nations Unies chargé de la lutte contre la drogue et la criminalité, sur la culture du cannabis et son impact socio-économique.

Ainsi, les superficies cultivées sont passées d’environ 130.000 hectares au début des années 2000 à moins de 50.000 hectares ces dernières années, fait savoir la même source.

Pour ce qui est du revenu net annuel du cannabis à usage médical, ces études estiment que ce revenu pourrait avoisiner les 12.335,49 dollars (110.000 dirham marocain) par hectare, soit une amélioration d’environ 40% par rapport aux recettes actuelles, le tout dans le cadre de pratiques respectant les normes de l’agriculture durable.

Concernant les marchés d’exportation, le document met l’accent sur les perspectives en direction de l’Europe à l’horizon de 2028, selon deux hypothèses. La première cible 10 % du marché du cannabis médical (4,2 milliards dollars sur un total de 42 et représente un revenu agricole annuel d’environ 420 millions de dollars).

La seconde hypothèse concerne 15% du marché du cannabis médical ciblé, soit 6,3 milliards de dollars et des revenus agricoles de 630 millions de dollars, ce qui permettra de dépasser le volume des revenus agricoles totaux actuels (environ 400 millions de dollars par an), d’autant plus que ces revenus prévus ne tiennent pas compte des revenus de la culture et de la transformation du cannabis à des fins industrielles.

Côté législation, les marchés prioritaires pour le cannabis médical marocain sont l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec des prévisions de 25 milliards de dollars/an à l’horizon 2028, précise le rapport, ajoutant que la prise en compte du potentiel des marchés français et italien renforcera le volume du marché potentiel de 17 milliards de dollars, pour atteindre 42 milliards de dollars.

Le document n’a pas manqué de souligner que la culture du cannabis est une activité destructrice de l’environnement du fait de l’exploitation excessive des terres agricoles, due à l’abandon de la rotation culturale, l’épuisement des eaux souterraines et l’usage excessif d’engrais qui pollue les eaux souterraines ainsi que la déforestation (le couvert forestier détruit est estimé à 1.000 hectares par an).

En mars dernier, le gouvernement marocain avait approuvé un projet de loi légalisant l’usage du cannabis à des fins médicales et industrielles dans le pays.

Le projet de loi prévoit l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques, l’objectif étant de s’aligner sur les recommandations faites par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la décision prise par l’ONU en décembre dernier de reconnaître officiellement l’utilité médicale du cannabis.

Le texte a pour objectif également de créer une agence nationale chargée de la coordination entre tous les départements gouvernementaux, les établissements publics et les partenaires nationaux et internationaux pour le développement d’une filière agricole et industrielle dédiée au cannabis, selon le porte-parole du gouvernement.

Cette agence aura également pour mission de mettre à exécution la stratégie étatique en matière de cultures du chanvre indien, sa transformation, sa commercialisation, son exportation ou son importation pour des besoins médicaux, pharmaceutiques ou industriels.

Elle est la seule et unique structure habilitée à délivrer et à retirer les autorisations pour cultiver cette plante, mener des missions d’inspection, voire prendre des mesures coercitives envers ceux qui transgressent la législation en la matière.

Si le développement de la plantation légale du cannabis permettra d’améliorer les revenus des agriculteurs, les protéger des réseaux internationaux de trafic de drogue et attirer les investissements étrangers afin de tirer parti des revenus du marché international de cette plante, il n’en demeure pas moins que l’opinion publique marocaine est divisée entre ceux qui appellent à légaliser la culture du chanvre indien et d’autres qui mettent en garde contre l’augmentation des zones de culture de la drogue et l’aggravation du phénomène du trafic des stupéfiants.

Actuellement, la loi marocaine en vigueur sur les stupéfiants interdit la culture, la consommation et le commerce du cannabis.


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