Niamey, le 7 octobre 2026 — Le fleuve Niger a franchi, le mardi 6 octobre, le seuil d’alerte jaune à Niamey, déclenchant un dispositif de vigilance renforcée dans la capitale. Les autorités régionales appellent les populations, en particulier les riverains, à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité pour se prémunir contre d’éventuels débordements.
Un niveau d’eau préoccupant
Dès 7 heures, le mardi 6 octobre, les services hydrologiques ont mesuré une hauteur d’eau de 538 cm à la station de Niamey, dépassant ainsi la cote d’alerte jaune fixée à 530 cm. En termes de volume, ce niveau correspond à un débit de 1 444 m³/s, selon l’échelle standard de classification des crues utilisée par l’Autorité du bassin du Niger (ABN).
Bien que ce seuil reste inférieur à la cote de débordement des digues de Saga, Lamordé et Kirkissoye (établie à 700 cm), il signale néanmoins un risque accru de montée rapide des eaux. Les autorités rappellent d’ailleurs que la situation pourrait évoluer vers une alerte orange à partir de 580 cm, puis rouge au-delà de 620 cm, avec des conséquences majeures pour les personnes et les biens approximés.
Des mesures de précaution immédiates
Face à cette situation, et sur avis du Centre de coordination des opérations (CCO) conformément au plan ORSEC régional, le gouverneur de Niamey a édicté plusieurs mesures de précaution à l’endroit des populations. Pour commencer, les riverains doivent privilégier l’usage d’embarcations fiables, pilotées par des personnes expérimentées, tout en évitant les traversées nocturnes ou la surcharge des bateaux.
En outre, les autorités interdisent formellement tous travaux susceptibles d’affecter la structure des digues le long du fleuve. Par ailleurs, il est fortement recommandé d’évacuer le lit mineur du fleuve et de retirer tous les biens vulnérables situés dans les zones inondables.
Un appel à la vigilance collective
Le gouverneur, qui assure la direction des opérations de secours, invite par conséquent les populations à redoubler de vigilance et à suivre les informations diffusées par le CCO. En cas de problème, les citoyens peuvent composer gratuitement le 18 ou informer les autorités locales.
Avant d’entreprendre toute activité agricole ou pastorale dans les zones riveraines, il est conseillé de consulter les services techniques de l’agriculture, de l’élevage et de l’Office national des actions humanitaires (ONAHA). Cette démarche vise précisément à anticiper les risques et à adapter les pratiques aux conditions hydrologiques actuelles.
Pourquoi cette alerte concerne-t-elle directement les populations ?
La montée des eaux du fleuve Niger représente un enjeu vital pour Niamey, où des milliers d’habitants vivent à proximité immédiate des berges. En effet, un dépassement du seuil jaune indique une crue active, susceptible de s’amplifier rapidement en cas de nouvelles précipitations en amont.
Les inondations passées ont déjà montré que même une hausse modérée du niveau du fleuve peut provoquer des dégâts matériels importants, perturber les déplacements et menacer les activités économiques riveraines. La vigilance collective et le respect des consignes constituent ainsi les premiers remparts contre une aggravation de la situation.
En définitive, alors que la saison des pluies touche à sa fin, la prudence reste de mise : à Niamey, chaque centimètre compte quand le fleuve dicte son rythme.




