Niger : le CCR se penche sur l’alimentation et les carburants - Journal du Niger



Niger : le CCR se penche sur l’alimentation et les carburants

Le Niger a ouvert ce lundi 5 octobre 2026 une session extraordinaire de son Conseil consultatif de la Refondation (CCR),…

Le Niger a ouvert ce lundi 5 octobre 2026 une session extraordinaire de son Conseil consultatif de la Refondation (CCR), consacrée à deux vulnérabilités majeures : la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en produits pétroliers. Pendant deux jours, les conseillers doivent examiner la campagne agricole 2026, l’état des réserves céréalières, la disponibilité des intrants et la distribution des hydrocarbures sur le territoire.

La réunion, convoquée par décret du président de la République, général Abdourahamane Tiani, réunit à Niamey , le Premier ministre, des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, des responsables d’institutions, du gouvernement, du corps diplomatique ainsi que  des forces de défense et de sécurité.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
© Conseil Consultatif de la Refondation CCR
Une session sous le signe de l’unité

Dans son discours d’ouverture, le président du CCR, le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a appelé les conseillers à placer l’intérêt national au centre de leurs délibérations. Il est également revenu sur les événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août 2026, condamnés par le Conseil, et a demandé aux Nigériens de privilégier la responsabilité, la cohésion et le discernement.

Le président du CCR a ensuite rendu hommage aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux personnes ayant perdu la vie dans la lutte contre le terrorisme. Une minute de silence a été observée en leur mémoire, avant un appel lancé aux conseillers : faire preuve d’engagement et de patriotisme dans l’exercice de leur mission consultative.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
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Le riz, le mil et la spéculation

Ensuite, il est passé à l’examen du premier dossier : la campagne agricole 2026. Les conseillers ont religieusement écouté le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le directeur général de l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN) et celui de la Centrale d’approvisionnement en intrants et matériels agricoles (CAIMA). Les échanges ont porté sur les semences, les engrais, les équipements et la capacité des réserves nationales à absorber d’éventuelles tensions sur le marché.

Un point a particulièrement retenu l’attention : le rachat massif de produits vivriers au moment des récoltes par certains commerçants. En stockant les céréales pour les remettre sur le marché lors des périodes de forte demande, ces acteurs peuvent faire monter les prix et fragiliser l’accès des ménages à l’alimentation.

Le paradoxe est connu dans les économies agricoles sahéliennes : les producteurs, pourtant premiers fournisseurs du marché, peuvent se retrouver contraints de racheter leurs propres récoltes quelques mois plus tard à des prix plus élevés. Le CCR examine donc les mécanismes de régulation, de stockage et de commercialisation susceptibles de protéger les paysans tout en maintenant des denrées accessibles.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
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Le carburant, autre front économique

La seconde partie des travaux s’est concentrée sur les hydrocarbures. Le ministre du Pétrole et le directeur général de la SONIDEP ont présenté la situation de l’approvisionnement, la structure des prix et les défis de distribution des produits pétroliers.

Les conseillers ont également abordé la contrebande et la fraude, favorisées par les écarts de prix entre le Niger et certains pays voisins. Ce phénomène ne se limite pas à une perte de recettes : il affaiblit la disponibilité locale du carburant, fausse la concurrence et complique la gestion d’un secteur stratégique pour les transports, l’agriculture et l’industrie.

La session doit aboutir à des avis et recommandations destinés à renforcer le contrôle du marché, à sécuriser la distribution et à préserver la contribution du secteur pétrolier au développement national.

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Des auditions pour éclairer les décisions

Après la cérémonie solennelle, les travaux se sont poursuivis en plénière. Les communications des ministères et des entreprises publiques ont permis aux conseillers d’interroger directement les responsables sur les contraintes opérationnelles, les perspectives de production et les mesures envisagées.

Cette méthode d’audition donne à la session une dimension plus technique que protocolaire. Le CCR ne se contente pas d’écouter des discours : il cherche à confronter les priorités politiques aux réalités du terrain, des greniers céréaliers aux stations-service.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
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Un test pour la souveraineté

Pour Niamey, la session revêt une portée symbolique forte. Elle intervient dans un contexte où le gouvernement place la souveraineté alimentaire et énergétique parmi ses priorités, tout en faisant face à des menaces sécuritaires et à des pressions économiques régionales.

Le président du CCR a conclu son intervention par des prières pour la paix et la protection du Niger, ainsi que pour la stabilité du Burkina Faso et du Mali, ses partenaires au sein de la Confédération des États du Sahel. Les recommandations attendues à l’issue des travaux devront désormais montrer si le Conseil peut transformer ce diagnostic en mesures concrètes pour les producteurs, les consommateurs et les opérateurs économiques.

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