Niamey, 14 août 2026 — Le Niger veut durcir les règles de sécurité dans le transport collectif de voyageurs. Le ministre des Transports et de l’Aviation civile, le Colonel-Major Abdouramane Amadou, a présenté vendredi au patronat des sociétés de transport une série de mesures qui imposeront de nouvelles exigences aux compagnies opérant sur les lignes interurbaines et internationales.
Le gouvernement entend ainsi agir sur plusieurs facteurs susceptibles de provoquer des accidents graves, notamment la fatigue des conducteurs, leur état de santé, la consommation d’alcool ou de stupéfiants et l’absence de moyens suffisants pour intervenir rapidement après un accident.
Lors de la rencontre, le ministre a défendu une approche préventive. Selon lui, les compagnies jouent un rôle essentiel dans la mobilité des populations et dans la desserte des différentes régions du pays. Mais cette mission doit désormais s’accompagner d’un renforcement des exigences de sécurité.
Le gouvernement veut notamment tirer les leçons de l’accident survenu à Dokou-Dokou. Sans attendre qu’un nouveau drame mette en évidence les mêmes défaillances, les autorités souhaitent renforcer les contrôles aussi bien sur les véhicules que sur les conducteurs.
Cette stratégie vise à rapprocher progressivement le transport routier de voyageurs des standards de sécurité appliqués dans l’aviation civile, où la prévention, le contrôle médical et le suivi des opérations occupent une place centrale.
Les nouvelles dispositions concerneront l’ensemble des bus affectés au transport interurbain et international. Elles comprennent notamment :
l’installation de systèmes de vidéosurveillance à bord ;
l’équipement des véhicules avec des dispositifs d’alerte contre la somnolence au volant ;
la réalisation d’examens médicaux d’aptitude à la conduite professionnelle ;
le dépistage systématique de l’alcool et des stupéfiants chez les conducteurs ;
la présence de personnel formé aux premiers secours à bord des bus.
Le dispositif cherche ainsi à intervenir à plusieurs niveaux. La vidéosurveillance doit améliorer le suivi des trajets, tandis que les systèmes anti-somnolence doivent réduire les risques liés à la fatigue. Les contrôles médicaux et toxicologiques doivent, eux, permettre de vérifier que les conducteurs remplissent les conditions nécessaires pour transporter des passagers.
La présence de secouristes répond à un autre enjeu : réduire le délai entre l’accident et la prise en charge des victimes. Dans les situations d’urgence, les premières minutes peuvent en effet être déterminantes.
Les compagnies disposeront d’un délai compris entre trois et six mois pour appliquer les différentes mesures, selon leur nature.
Cette période doit permettre aux entreprises de transport de procéder aux investissements nécessaires et d’adapter leur organisation. Elle constitue également un test pour la capacité du secteur à intégrer rapidement de nouvelles normes de sécurité.
Les responsables des sociétés de transport ont accueilli favorablement l’initiative tout en soulevant plusieurs préoccupations concernant sa mise en œuvre. Ils ont proposé des ajustements et formulé des suggestions que le ministère s’est engagé à examiner.
Le ministre Abdouramane Amadou a annoncé la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre l’État et les compagnies de transport. L’objectif consiste à suivre l’application des mesures, identifier les difficultés et rechercher des solutions avec les opérateurs.
Des représentants du ministère des Transports, de l’ANISER, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale ont également participé aux échanges.
Le gouvernement veut surtout modifier les pratiques du secteur. L’enjeu est de faire de la sécurité une responsabilité partagée entre les compagnies, les conducteurs, les services de contrôle et les autorités.
Pour le Niger, la réussite de cette réforme dépendra désormais de son application effective sur le terrain. Les nouvelles règles ne pourront produire les résultats attendus que si les contrôles deviennent réguliers et si les compagnies respectent réellement les exigences imposées.
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