Magaria et Doungass : le ministre de l’Agriculture suit la campagne agro-pastorale - Journal du Niger



Magaria et Doungass : le ministre de l’Agriculture suit la campagne agro-pastorale

De la graine confiée à la terre jusqu’au marché où la récolte sera écoulée, le ministère de l’Agriculture et de…

De la graine confiée à la terre jusqu’au marché où la récolte sera écoulée, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage veut désormais regarder la campagne agro‑pastorale comme une chaîne dont aucun maillon ne doit céder. À Magaria et Doungass, la tournée effectuée le 10 août a ainsi mis en lumière une réalité plus large que l’état des cultures : la sécurité alimentaire du Niger se prépare aussi dans les semences, la transformation locale, les infrastructures marchandes et la protection du cheptel.

À première vue, ce ne sont que des champs sous le soleil d’août. Mais derrière les épis de mil qui commencent à se former se joue déjà une partie de la prochaine saison agricole nigérienne. Dans les départements de Magaria et de Doungass, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Elhadji Mahaman Ousmane, a choisi de regarder la campagne au plus près du sol, là où les statistiques prennent leur véritable signification.

Le déplacement du lundi 10 août 2026 n’avait donc rien d’une simple visite protocolaire. Il s’inscrit dans le suivi de l’installation de la campagne agro‑pastorale et permet aux autorités de mesurer, sur le terrain, l’évolution des cultures tout en identifiant les points sur lesquels il faudra agir avant les prochaines récoltes.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder

À Magaria, l’état du mil et des infrastructures fixe le premier signal

À Bangaya, le ministre s’est arrêté devant un champ de mil arrivé au stade d’épiaison‑floraison. Cette phase constitue un moment déterminant dans le cycle de la céréale : la plante entre dans une période où les conditions agronomiques peuvent peser fortement sur le rendement final. L’intérêt de la visite réside moins dans l’image d’un champ en développement que dans la nécessité d’observer, à l’échelle locale, la traduction concrète de la campagne agricole.

Car une bonne saison ne se décrète pas depuis un bureau, mais s’apprécie sur le terrain — à travers l’état des parcelles, l’accès aux intrants, la qualité des semences et la capacité des agriculteurs à transformer leur labeur en récoltes rentables. Cette logique explique aussi l’arrêt effectué sur le chantier du marché de demi‑gros de Magaria.

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Un marché de demi-gros pour garantir des débouchés aux producteurs

Réalisée dans le cadre du Programme de résilience des systèmes alimentaires (PRSA), l’infrastructure affiche un taux d’exécution de 94 %. Son coût s’élève à 264 918 503 francs CFA hors taxes. Mais au‑delà du chantier presque achevé, l’enjeu est économique : produire davantage ne suffit pas si les agriculteurs ne disposent pas de conditions adéquates pour écouler leurs marchandises.

Le futur marché doit ainsi contribuer à moderniser la commercialisation des produits agricoles, améliorer les conditions de travail des commerçants et renforcer l’activité économique locale. Entre le champ et l’assiette, il existe toute une économie.

C’est précisément cette chaîne que les autorités cherchent à consolider : produire, stocker, transformer, vendre et mieux valoriser la production locale. À Doungass, cette même logique apparaît sous une autre forme.

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La bataille de la souveraineté commence avant les semis à Garin Amo et Malawa

À Garin Amo, les cultures de mil observées se trouvaient au stade de nouaison‑épiaison. Les explications techniques du directeur régional de l’Agriculture, Ibro Mahamadou, ont permis à la délégation de faire le point sur l’évolution de la campagne. Deux champs, deux stades de développement, mais une même préoccupation : savoir ce que la terre prépare pour les prochains mois.

Cette observation de proximité permet également de confronter les prévisions aux réalités agricoles. Dans une région où l’agriculture reste fortement exposée aux aléas climatiques, le suivi régulier des parcelles devient un outil de décision. Pourtant, l’un des enseignements majeurs de la tournée se trouve ailleurs : dans la capacité du territoire à produire non seulement des récoltes, mais aussi les moyens de produire davantage demain.

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 La multiplication semencière, un investissement stratégique pour l’avenir

À Malawa, la délégation a découvert un dispositif qui donne une autre dimension à la campagne. Sur 60 hectares de mil et 50 hectares de niébé, la production est destinée à la multiplication des semences. L’enjeu est stratégique.

Une campagne agricole peut être satisfaisante aujourd’hui et rester fragile demain si les producteurs dépendent d’une disponibilité insuffisante de semences de qualité. La multiplication semencière devient donc un investissement dans la continuité de la production. La souveraineté alimentaire ne commence pas au moment où le grain arrive sur le marché, mais bien plus tôt, dès lors que le producteur choisit la semence qu’il va mettre en terre — un acte fondateur et un levier majeur pour assurer l’autonomie des exploitations.

Elhadji Mahaman Ousmane a encouragé le producteur et insisté sur la nécessité de rendre disponibles des semences de qualité pour les campagnes futures. Il a également appelé les partenaires à renforcer leur appui aux initiatives de multiplication semencière. Cette priorité révèle une volonté de déplacer progressivement le centre de gravité de la politique agricole : ne plus seulement répondre aux besoins d’une campagne, mais construire les capacités de la suivante.

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Du niébé à l’élevage : Valoriser la transformation et protéger le bétail à Doungass

À Doungass, l’agriculture ne s’est pas arrêtée au champ. La délégation a visité une unité semi‑industrielle de transformation du niébé, distinguée par plusieurs prix. L’initiative locale a retenu l’attention du ministre, qui a demandé à ses collaborateurs d’en renforcer l’accompagnement.

Le signal est important. La valeur d’une production agricole ne se limite pas à son volume brut. Transformer localement, c’est aussi conserver davantage de valeur sur le territoire, créer de l’activité et rapprocher la production du consommateur.

Quelques kilomètres plus loin, à Kara Manda, l’autre pilier de l’économie rurale est apparu : l’élevage. La délégation y a visité un parc de couloir de vaccination construit avec l’appui du Programme régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS). Le dispositif doit faciliter la vaccination du cheptel et contribuer à renforcer la couverture sanitaire des animaux.

Dans un pays où agriculture et élevage s’entremêlent dans les économies rurales, protéger le bétail revient également à protéger les revenus et les moyens d’existence de nombreuses familles.

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Sécuriser toute la chaîne : Vers une capacité de production durable et autonome

À l’issue de la tournée, les doléances d’un producteur semencier ont ramené la mission à sa préoccupation centrale : comment passer d’initiatives encore dispersées à une capacité durable de production ? La question est moins technique qu’elle n’en a l’air. Elle touche directement à la capacité du Niger à maîtriser sa souveraineté alimentaire face aux incertitudes climatiques, à la croissance démographique et à l’urgence de dynamiser les économies locales.

À Magaria, le champ côtoie le marché. Du côté de Doungass, le dispositif s’élargit à la transformation locale du niébé et à l’accompagnement technique des champs. À Malawa, se déploie la multiplication des semences, tandis qu’à Kara Manda, se joue la protection sanitaire du cheptel. Pris séparément, ces projets peuvent sembler modestes. Mis bout à bout, ils dessinent une même stratégie : réduire la vulnérabilité de la chaîne alimentaire en agissant sur tous les maillons.

La tournée ministérielle aura ainsi permis d’évaluer l’avancement de la campagne 2026. Mais elle aura surtout rappelé une évidence : pour garantir durablement sa sécurité alimentaire, le Niger doit protéger ce qui pousse aujourd’hui, tout en sécurisant les intrants de demain. Une bataille stratégique qui se joue bien avant la récolte.

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