Uranium : le Niger prend 40 % du projet Madaouela - Journal du Niger



Uranium : le Niger prend 40 % du projet Madaouela

Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa politique de reprise en main de ses ressources minières. À travers une…

Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa politique de reprise en main de ses ressources minières. À travers une convention conclue le 23 septembre 2026 avec la société Madaouela Mining Company (MAMICO), les autorités nigériennes porteront leur participation dans le projet d’uranium de Madaouela à 40 %, contre seulement 10 % dans l’ancien montage capitalistique.

Cette évolution traduit la volonté de l’État de capter une part plus importante des retombées économiques issues de l’exploitation de ses ressources stratégiques, dans un contexte où les questions de souveraineté minière occupent une place centrale dans les politiques publiques.

Ministère du Mines
© Ministère du Mines
Un nouvel équilibre entre investisseurs étrangers et intérêts nationaux

Malgré cette montée en puissance de l’État nigérien, l’opérateur privé conserve une position dominante dans le projet. La société australienne Atomic Eagle, maison mère de MAMICO, détiendra 60 % des parts et assurera le contrôle opérationnel de la future exploitation.

L’accord illustre ainsi un compromis entre l’objectif de préserver l’attractivité du secteur minier pour les investisseurs internationaux et la volonté des autorités de renforcer leur présence dans les projets jugés stratégiques pour l’économie nationale.

Pour Niamey, ce rééquilibrage pourrait permettre d’accroître les revenus directs liés à l’exploitation du gisement tout en conservant l’expertise technique et les capacités financières apportées par le partenaire privé.

Des retombées financières et sociales annoncées

Outre la nouvelle répartition du capital, la convention prévoit un versement de 10 millions de dollars au profit de l’État nigérien. Les promoteurs du projet annoncent également la création d’environ 1 000 emplois. Cette perspective est particulièrement attendue dans une région où le développement d’activités industrielles de grande envergure pourrait contribuer à dynamiser l’économie locale, notamment à travers les besoins en sous-traitance, en transport, en logistique et en services.

Si ces engagements se concrétisent, le projet pourrait devenir un moteur économique majeur pour la zone de Madaouela, située dans une région historiquement marquée par l’activité minière.

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L’aboutissement d’un dossier marqué par des tensions

Cette nouvelle convention intervient après plusieurs années d’incertitudes autour du permis de Madaouela. En juillet 2024, les autorités nigériennes avaient retiré le projet à son précédent détenteur, GoviEx, ouvrant ainsi une période de contentieux et de négociations. À l’issue de ce processus, le permis Madaouela I est revenu dans le domaine public avant que le gouvernement n’approuve, en août 2026, sa réattribution à MAMICO.

La signature du nouvel accord vient donc clore une séquence marquée par des désaccords entre l’État et l’ancien opérateur, tout en ouvrant une nouvelle phase pour l’exploitation de l’un des gisements d’uranium les plus suivis du pays.

Une décision emblématique de la stratégie minière nigérienne

En obtenant 40 % du projet tout en maintenant un partenaire international à la tête des opérations, ainsi, le Niger affirme sa souveraineté économique en sécurisant les gains nationaux, tout en maintenant un climat favorable aux investissements internationaux.

Cette convention pourrait servir de référence pour les futurs partenariats conclus dans les secteurs extractifs, à mesure que le pays cherche à maximiser les bénéfices économiques tirés de ses importantes ressources naturelles.

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