DIFFA (Niger), 24 février 2026 — Dans une région souvent sous les projecteurs pour ses défis sécuritaires, c’est une victoire médicale d’envergure qui s’écrit aujourd’hui. Les autorités de Diffa ont annoncé un taux de réussite spectaculaire de près de 97 % pour l’opération de traitement massif contre la bilharziose, protégeant ainsi plus de 110 000 enfants.
Ce mardi 24 février 2026, le Gouverneur de la région, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a ouvert les travaux d’évaluation d’une offensive sanitaire qui fera date. Lancée à peine dix jours plus tôt, la campagne de distribution de Praziquantel a ratissé 247 villages, des rives de la Komadougou aux zones plus reculées de N’Guigmi.

Un bouclier pour la « Génération future »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 110 246 enfants, âgés de 5 à 14 ans, ont reçu le traitement. Avec un taux de couverture de 96,72 %, la région pulvérise l’objectif minimal de 75 % fixé par les normes internationales.
Mais au-delà des statistiques, c’est un « tueur silencieux » que le Niger tente de neutraliser. La bilharziose, ou schistosomiase, est une maladie parasitaire contractée au contact d’eaux douces souillées. Si elle ne tue pas instantanément, ses ravages sur le long terme sont dévastateurs pour le développement des enfants :
- Anémie sévère et retard de croissance ;
- Troubles cognitifs impactant la scolarité ;
- Lésions irréversibles pouvant mener au cancer de la vessie à l’âge adulte.

« Négligées mais pas oubliées »
Le Général Bagadoma a profité de cette tribune pour alerter sur la nature insidieuse des Maladies Tropicales Négligées (MTN). « Elles évoluent à bas bruit », a-t-il martelé, rappelant aussi que ces pathologies frappent principalement les communautés rurales et riveraines, là où l’accès à l’eau potable reste un combat quotidien.
L’opération s’inscrit dans le cadre du Plan Directeur National 2022-2026, une stratégie ambitieuse visant à éradiquer 14 maladies prioritaires sur le sol nigérien. Pour le Gouverneur, ce succès est le fruit d’une synergie inédite entre agents de santé, enseignants, leaders traditionnels et l’appui logistique de l’ONG Helen Keller International.
Un signal de résilience
Ce résultat exceptionnel envoie également un message politique fort. Réussir une telle mobilisation logistique dans les districts de Bosso, Goudoumaria ou Mainé-Soroa prouve la capacité des autorités à administrer des services essentiels de base malgré un contexte régional complexe.
Toutefois, le Général Bagadoma refuse tout triomphalisme prématuré. Il a appelé ses équipes à une analyse froide des insuffisances rencontrées sur le terrain. L’objectif final reste l’élimination totale de la bilharziose, afin que les eaux de la région ne soient plus synonymes de menace, mais de vie pour la jeunesse du Manga.




