Niger : l’Université Abdou Moumouni lance un colloque sur la mendicité au Sahel - Journal du Niger

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Niger : l’Université Abdou Moumouni lance un colloque sur la mendicité au Sahel

 À Niamey, universitaires et experts sécuritaires croisent leurs analyses sur la mendicité au Sahel, Un colloque international pour décrypter un…

 À Niamey, universitaires et experts sécuritaires croisent leurs analyses sur la mendicité au Sahel, Un colloque international pour décrypter un phénomène social en expansion

Du 24 au 26 mars 2026, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l’Université Abdou Moumouni (UAM) de Niamey accueillera un colloque international consacré à un sujet sensible : la mendicité dans l’espace sahélien. Placée sous le thème « Regards croisés sur la mendicité au Sahel », la rencontre ambitionne d’aller au-delà des constats pour proposer des pistes d’analyse et d’action.

En amont de cet événement scientifique, le comité d’organisation conduit par le doyen de la FLSH, le Pr Lawali Dambo, a été reçu le 27 février par le Directeur du Centre National d’Études Stratégiques et de Sécurité (CNESS), le Colonel-Major Mahamadou Nouhou Bako. Une audience qui témoigne de la volonté de rapprocher recherche académique et réflexion stratégique.

 

Entre question sociale et enjeu sécuritaire

Au Niger, la mendicité est un phénomène ancien. Toutefois, selon plusieurs observateurs, son ampleur semble s’accroître, notamment dans les grands centres urbains comme Niamey, Maradi ou Zinder. Les mouvements migratoires internes, la pression démographique et la précarité économique figurent parmi les facteurs souvent évoqués.

Lors de la rencontre, les échanges ont mis en lumière l’impact de cette réalité sur la cohésion sociale et la tranquillité publique. Si la mendicité demeure avant tout une question sociale et humanitaire, elle soulève également des interrogations en matière d’organisation urbaine, de protection des enfants et de sécurité.

Le CNESS, dont la mission consiste à analyser les enjeux stratégiques et sécuritaires nationaux et internationaux, s’est dit disposé à accompagner la réflexion. Son directeur a salué l’initiative universitaire, rappelant que les chercheurs constituent des partenaires clés dans la compréhension des dynamiques sociales complexes.

 

Un colloque structuré en plusieurs étapes

Selon les organisateurs, le colloque s’articulera autour de plusieurs axes. D’abord, des communications scientifiques visant à décrypter les causes et les formes contemporaines de la mendicité au Sahel. Ensuite, un atelier prévu à Maradi permettra de réfléchir à la diffusion des résultats et à leur appropriation par les décideurs publics et les acteurs de terrain.

Enfin, les promoteurs du projet envisagent la mise en place de programmes de recherche multi-acteurs. L’objectif est de créer une synergie durable entre universitaires, institutions étatiques et organisations de la société civile.

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Le Doyen de la FLSH, le Pr. Lawali DAMBO et le Directeur du Centre d’Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS), le Colonel Major Mahamadou NOUHOU BAKO

Vers une approche concertée

Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités nigériennes cherchent à mieux encadrer le phénomène, tout en tenant compte de ses dimensions religieuses, culturelles et économiques.

En effet, la mendicité au Sahel revêt des réalités diverses : mendicité liée à l’apprentissage religieux traditionnel, stratégies de survie face à la pauvreté ou encore conséquences des déplacements internes provoqués par l’insécurité.

Ainsi, le colloque de l’UAM ambitionne d’apporter un éclairage nuancé, fondé sur des données scientifiques, afin d’éviter les approches simplistes

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Une attente forte autour des conclusions

À l’issue de l’audience, les universitaires ont exprimé leur souhait de voir le CNESS participer activement aux travaux. Tous s’accordent sur la nécessité d’une collaboration étroite pour transformer les résultats académiques en recommandations opérationnelles.

Dans un pays confronté à de multiples défis socio-économiques, cette rencontre scientifique pourrait aussi  marquer une étape importante vers une compréhension plus fine d’un phénomène qui touche directement les centres urbains nigériens.

Reste à savoir si les conclusions du colloque déboucheront sur des politiques publiques concrètes. Pour l’heure, la démarche se veut inclusive : analyser pour mieux agir, et agir sans stigmatiser.

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