Niger : À la frontière du Bénin, le verrou de Sabon Birni fait échec aux réseaux de contrebande
Entre la traque des narcotrafiquants et la protection de la souveraineté alimentaire, les forces de sécurité nigériennes multiplient les manifestations…
Entre la traque des narcotrafiquants et la protection de la souveraineté alimentaire, les forces de sécurité nigériennes multiplient les manifestations de force dans le département de Gaya. Dans l’espace d’une semaine, d’importantes cargaisons de stupéfiants et de céréales ont été interceptées, révélant l’ingéniosité — et le désespoir — des réseaux criminels.
Le poste de police frontale (PPF) de Sabon Birni vient de confirmer son rôle de sentinelle stratégique. Dans cette zone de brassage intense, à la lisière du Bénin, les agents nigériens ont porté, entre fin février et début mars 2026, des coups de boutoir significatifs à l’économie illicite qui tente de prospérer sur les pistes sablonneuses de l’ouest du pays.
L’axe Djougou-Guechemé : la route des « poisons » coupée
Le premier acte de cette offensive sécuritaire s’est joué le 25 février dernier dans la brousse de Tounouga. Deux individus, circulant à moto, ont été neutralisés alors qu’ils transportaient un véritable arsenal chimique.
En premier lieu, la diversité des produits saisis donne le vertige : plus de 106 000 comprimés de psychotropes (Diazépam, Tramadol « Royal », Prégabaline) et une quantité importante de chanvre indien. Par ailleurs, les aveux de l’un des suspects mettent en lumière une logistique bien rodée : la marchandise, acquise à Djougou (Bénin), devait alimenter les marchés de Guechemé et de Fillingué.
« Les trafiquants utilisent le fleuve comme rempart naturel avant de se perdre dans les pistes secondaires. Mais la brousse n’est plus un sanctuaire pour eux », souligne une source sécuritaire locale.
Si la lutte contre la drogue reste une priorité de santé publique, la bataille pour la sécurité alimentaire constitue l’autre versant de l’engagement des forces de défense et de sécurité (FDS). Le 1ᵉʳ mars, une patrouille mixte a intercepté un convoi insolite près de Sabon Birni : huit charrettes transportant plus de 8 tonnes de riz paddy.
Cette saisie n’est pas fortuite. Elle s’inscrit dans la stricte application de la réglementation nigérienne de 2024 interdisant l’exportation de vivres. Dans un contexte de résilience nationale, empêcher la fuite des céréales vers l’étranger est devenu un impératif de survie économique
Le succès de ces opérations, complété par une seconde saisie de chanvre à Guatawani le 2 mars, repose sur une équation nouvelle : la collaboration étroite entre la police, les patrouilles mixtes et les comités locaux de veille.
En définitive, ces saisies répétées à Gaya ne sont pas seulement des succès comptables. Elles envoient un message de fermeté aux réseaux de contrebande qui tentent de contourner les postes officiels. Pour le Niger, sécuriser cette frontière, c’est à la fois protéger sa jeunesse des ravages de la drogue et garantir que les récoltes nationales nourrissent d’abord les Nigériens.
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