Comment financer durablement l’école, la santé ou l’accès à l’eau sans dépendre excessivement de l’aide extérieure ? La question était au cœur d’un atelier national ouvert ce matin dans la capitale nigérienne. Pendant trois jours, autorités administratives, représentants des collectivités territoriales et partenaires techniques réfléchissent aux moyens de renforcer la mobilisation des ressources fiscales locales.
Cette réflexion nationale s’est matérialisée par une rencontre officielle, lancée sous la présidence du Général de Division Mohamed Toumba, ministre d’État en charge de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire.
Une réforme inscrite dans la dynamique post-26 juillet
L’atelier s’inscrit dans la continuité des orientations fixées par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie depuis les événements du 26 juillet 2023. En plus, les autorités affirment vouloir promouvoir un modèle de développement fondé sur les ressources internes et la responsabilisation des acteurs locaux.
Cette approche, également revendiquée par les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), privilégie l’autonomie financière et la valorisation des potentialités nationales.
Dans ce contexte, les communes sont appelées à jouer un rôle central. Car ce sont elles qui, au plus près des populations, assurent la mise en œuvre des politiques sociales.
Organisé par le ministère de l’Intérieur à travers la Direction générale de l’Administration du territoire, de la Déconcentration et de la Décentralisation, l’atelier vise d’abord à recenser les expériences réussies dans certaines communes.
L’objectif est triple :
identifier des mécanismes efficaces de collecte fiscale ;
structurer des modèles reproductibles à l’échelle nationale ;
jeter les bases d’une stratégie nationale cohérente avec le Programme de Refondation de la République.
Autrement dit, il s’agit de passer d’initiatives isolées à une politique harmonisée capable d’augmenter les recettes locales tout en garantissant la transparence.
L’appui des partenaires techniques
La mobilisation se tient en collaboration avec l’UNICEF, qui accompagne déjà certaines communes dans le financement des services sociaux de base.
Cependant, les autorités nigériennes ont insisté sur un principe : l’appui extérieur doit s’aligner sur les priorités nationales. Dans son allocution d’ouverture, le ministre d’État a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers afin qu’ils soutiennent le renforcement des capacités locales, dans le respect des choix stratégiques du pays.
Au-delà des considérations budgétaires, la mobilisation fiscale locale pose également la question de la confiance entre citoyens et autorités communales. Pour que les contribuables acceptent de s’acquitter de leurs taxes, ils doivent percevoir des résultats concrets : écoles fonctionnelles, centres de santé équipés, infrastructures entretenues.
Ainsi, la réussite de cette réforme dépendra autant de l’efficacité administrative que de la transparence dans la gestion des fonds collectés.
En misant sur les collectivités territoriales, le Niger explore une voie ambitieuse : celle d’un développement ancré dans les territoires et soutenu par ses propres ressources. Reste à traduire ces intentions en actions durables sur le terrain.
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