Niger : 150 millions de l'UEMOA pour briser le cycle des invasions acridiennes - Journal du Niger



Niger : 150 millions de l’UEMOA pour briser le cycle des invasions acridiennes

À Niamey, l'heure n'est plus à la simple réaction, mais à l'anticipation. En recevant, le 12 mars 2026, un soutien…

À Niamey, l’heure n’est plus à la simple réaction, mais à l’anticipation. En recevant, le 12 mars 2026, un soutien financier de l’UEMOA, le Niger affirme sa volonté de transformer la lutte contre le criquet pèlerin en levier de souveraineté alimentaire durable.

 

Le spectre de 2004 s’éloigne, la vigilance s’installe.

Dans les couloirs du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, le souvenir de la crise de 2004 – où des millions d’hectares s’étaient volatilisés sous les mandibules des insectes – agit encore comme un électrochoc. Jeudi dernier, lors d’une cérémonie sobre mais solennelle, Abdel Kader Toko Worou, représentant de l’UEMOA, a scellé un nouveau pacte de résilience avec le Niger. Une enveloppe de 150 millions de francs CFA a été remise au colonel Mahaman Elhadj Ousmane, ministre de tutelle.

Cependant, au-delà du simple transfert de fonds, c’est un véritable changement de paradigme qui s’opère. L’enjeu n’est plus seulement d’éteindre l’incendie, mais d’empêcher l’étincelle.

 

Un bouclier financier contre la faim

Le Sahel traverse une période de turbulences climatiques et sociales. Entre juin et août 2025, plus de sept millions de citoyens de l’espace communautaire ont flirté avec la rupture alimentaire. Dans ce contexte, chaque épi de mil sauvé des criquets est une victoire politique et humaine.

Cet appui de l’UEMOA servira concrètement à :

  • Moderniser la surveillance : déployer des capteurs et des équipes mobiles dans les zones désertiques reculées.
  • Professionnaliser l’intervention : former une nouvelle génération d’agents capables de frapper vite et de manière ciblée.
  • Optimiser les stocks : acquérir des traitements plus respectueux de l’environnement tout en garantissant leur efficacité immédiate.

 

Projection 2030 : vers un Sahel « zéro invasion » ?

Si l’investissement actuel semble technique, il dessine les contours du Niger de demain. En renforçant ses capacités de détection précoce, Niamey aspire à devenir le centre névralgique de la sécurité phytosanitaire régionale.

À l’avenir, l’intégration des technologies de pointe, comme le suivi satellite en temps réel et les drones de pulvérisation, pourrait rendre obsolètes les grandes invasions massives. L’objectif est clair : transformer la menace acridienne en un risque maîtrisé, permettant enfin aux agriculteurs nigériens de planifier leurs récoltes sans craindre le ciel.

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