Au premier jour d’un deuil national de deux jours marqué par la disparition du général Sadio Camara, le Premier Ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga a pris la parole pour dénoncer des attaques coordonnées d’une ampleur inédite. Entre hommages funèbres et rhétorique de combat, Bamako pointe du doigt des « sponsors » étrangers et réaffirme sa marche vers le « Mali Kura ».
C’est un exercice de haute voltige politique auquel s’est livré, ce lundi, le chef du gouvernement malien. Dans une atmosphère lourde, alors que les drapeaux sont en berne sur les bâtiments publics, le Premier ministre a rompu le silence après les événements tragiques du 25 avril. Si le pays est meurtri par la perte du général Sadio Camara, figure centrale de l’appareil sécuritaire, le message de la Primature se veut sans ambiguïté : la Transition ne vacillera pas.

Une tentative de déstabilisation systémique
Au-delà de l’émotion légitime, l’analyse livrée par Bamako dessine les contours d’une menace qui dépasse le simple harcèlement djihadiste. Selonle Général de Division Abdoulaye Maïga, les assauts simultanés ayant visé plusieurs localités du territoire ne visaient rien de moins qu’un basculement de régime. « Le but de l’ennemi était de conquérir le pouvoir en démantelant les institutions », a-t-il affirmé, transformant ces incidents en une tentative de coup de force avortée.
Trois objectifs étaient recherchés : semer la peur, briser la cohésion nationale et affaiblir la détermination collective. Trois réponses ont été données : confiance, unité et engagement renforcé. Pour Bamako, l’ampleur du mode opératoire trahit une logistique qui ne peut être le seul fait de groupes isolés.
En évoquant explicitement des « sponsors » et des « États parias », le gouvernement déplace le curseur du conflit vers une dimension géopolitique, accusant des puissances extérieures — sans toutefois les nommer — d’instrumentaliser la terreur pour entraver le processus de Refondation.

L’adaptation, impératif de la guerre asymétrique
Néanmoins, les autorités conservent tout leur réalisme militaire. Reconnaissant la nature asymétrique du combat, le Premier ministre a admis l’obligation de tirer les leçons du 25 avril. Si le bilan officiel fait état de « centaines de terroristes neutralisés », la porosité des menaces impose une remise en question permanente des dispositifs de sécurité.
Le gouvernement présente cette capacité d’ajustement comme le rempart indispensable contre l’objectif psychologique des assaillants : semer le doute au sein de la cohésion nationale. À cet égard, l’hommage au général Camara, décrit comme ayant choisi de « mourir les armes à la main », sert de catalyseur à une mystique du sacrifice que Bamako souhaite infuser dans toute la population. Le Premier ministre a également salué la résilience des Maliens, qui continuent de croire en leur armée et en la Refondation.
L’horizon non négociable du « Mali Kura »
Malgré la rudesse des temps, le ton est resté empreint d’une fermeté souverainiste. En citant le troisième couplet de l’hymne national — « La voie est dure, très dure » —, le chef du gouvernement a préparé les esprits à une guerre de longue haleine.
Pour le pouvoir en place, la lutte contre le terrorisme est désormais indissociable de l’édification du Mali Kura (le Mali nouveau). Au lieu de freiner le projet de refondation, les récentes attaques lui donnent au contraire la force de durcir sa posture. En s’adressant directement à ceux qui se laissent « manipuler », le Premier ministre a lancé un ultime appel au ralliement patriotique, rappelant que pour la Transition, la dignité nationale ne fera l’objet d’aucune concession, même sous la pression des balles.
En conclusion, le Général de Division Abdoulaye Maïga a invoqué une référence spirituelle tirée du Coran : « Toute âme goûtera la mort », rappelant que le sacrifice des militaires et des civils tombés est un choix de dignité et de patriotisme. Ensemble, a-t-il martelé, « nous ferons le Mali Kura ».




