Brazzaville (Congo), 28 mai 2026 — Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Sidi Ould Tah, et le ministre nigérien de l’Économie et des Finances, Dr Maman Laouali Abdou Rafa, ont signé mardi à Brazzaville un accord‑cadre visant à mettre en œuvre un programme national d’appui à l’entrepreneuriat agricole des jeunes. La cérémonie, qui s’est tenue en marge d’une réunion régionale de la BAD, marque une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat stratégique entre Niamey et l’institution financière panafricaine.
Baptisé « Programme intégré de développement de l’agri‑entrepreneuriat des jeunes et d’innovation technologique et financière », ce dispositif bénéficiera d’un financement de 172 millions de dollars accordé par le Groupe de la BAD. Ainsi, le programme entend favoriser la création d’entreprises agricoles dirigées par des jeunes, améliorer l’accès aux intrants et aux technologies, et développer des solutions de financement adaptées aux spécificités du secteur rural nigérien.
Les objectifs du programme
Concrètement, le programme vise à renforcer les capacités des jeunes agripreneurs à travers une formation technique et entrepreneuriale, un accompagnement à la gestion d’entreprises et au montage de projets. Il prévoit également de faciliter l’accès aux technologies adaptées, telles que l’irrigation économe, les semences améliorées ou la mécanisation légère, tout en soutenant l’adoption de pratiques climato‑intelligentes.
Par ailleurs, l’inclusion financière constitue un axe majeur, avec la mise en place de mécanismes d’épargne et de crédit dédiés, de solutions d’assurance agricole et d’innovations numériques. Enfin, le programme entend appuyer les chaînes de valeur locales, en favorisant la transformation, le stockage et la commercialisation afin d’augmenter la valeur ajoutée des productions.
Un partenariat stratégique consolidé
Le financement de 172 millions de dollars s’inscrit dans la continuité d’un partenariat soutenu entre le Niger et la BAD. En effet, selon les responsables nigériens, le Groupe de la BAD est aujourd’hui un partenaire stratégique qui soutient 21 projets au Niger représentant plus d’un milliard de dollars d’engagements. Cet appui multiforme couvre des secteurs prioritaires tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et la gouvernance économique.
Réactions et enjeux
Pour le ministre Maman Laouali Abdou Rafa, le programme répond à un double défi : lutter contre le chômage des jeunes et renforcer la sécurité alimentaire dans un contexte de vulnérabilité climatique croissante. « Investir dans l’agri‑entrepreneuriat des jeunes, c’est à la fois créer des emplois durables et assurer des chaînes alimentaires résilientes », a‑t‑il déclaré lors de la signature.
De son côté, Dr Sidi Ould Tah a souligné l’importance d’aligner l’investissement sur les priorités nationales et de promouvoir l’innovation technologique et financière comme levier de transformation rurale. Il a également appelé à une mise en œuvre rigoureuse et à un suivi régulier des résultats pour garantir l’impact à long terme.
Cependant, les défis restent nombreux : sécurisation foncière, accès à l’eau, infrastructures de transport insuffisantes et risques climatiques accentués. Ainsi, la réussite du programme dépendra de la capacité des autorités nigériennes et des partenaires à coordonner les actions, à mobiliser les acteurs privés et à assurer un accompagnement adapté aux jeunes entrepreneurs.
Perspectives pour le Niger et la sous‑région
Le lancement officiel des premières composantes opérationnelles est attendu dans les prochains mois. À cet effet, les autorités nigériennes ont annoncé la tenue de consultations nationales pour affiner les modalités d’éligibilité et d’intervention, en impliquant les collectivités locales, les organisations de jeunes et le secteur privé.
Enfin, si le programme atteint ses objectifs, il pourrait servir de modèle pour d’autres pays sahéliens confrontés aux mêmes défis : promouvoir l’emploi des jeunes, renforcer la résilience agricole et encourager l’innovation financière au service du développement rural.




