La coopération entre le Niger et l’Algérie poursuit sa montée en puissance. En effet, quelques heures après l’inauguration à Niamey d’une centrale électrique de 40 mégawatts offerte par Alger, le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a reçu, mercredi 3 juin, le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, pour une séance de travail consacrée à l’avenir des relations bilatérales entre les deux pays.
Cette audience, tenue au palais présidentiel, intervient dans un contexte marqué par le renforcement des partenariats stratégiques entre les deux voisins sahéliens. Elle a ainsi permis aux responsables nigériens et algériens d’évaluer les progrès réalisés dans plusieurs domaines de coopération et de définir de nouvelles perspectives de collaboration.
Quelques instants auparavant, le chef du gouvernement algérien avait participé, aux côtés de son homologue nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, à la mise en service officielle d’une centrale électrique de 40 mégawatts destinée à renforcer les capacités de production énergétique du Niger. L’Algérie et le Niger ont mené à bien la réalisation de cette infrastructure en un temps record, moins de trois mois après la pose de sa première pierre, le 24 mars dernier, témoignant ainsi de leur volonté commune d’accélérer l’exécution des projets prioritaires.
Une coopération qui s’étend à plusieurs secteurs stratégiques
Au cours des échanges avec le chef de l’État nigérien, les discussions ont porté sur plusieurs secteurs considérés comme essentiels pour le développement économique des deux pays. L’énergie et les hydrocarbures ont naturellement occupé une place centrale. Toutefois, les questions relatives aux infrastructures, à la santé, à la numérisation et aux transports ont également été abordées.
Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de consolider le partenariat impulsé par les présidents Abdourahamane Tiani et Abdelmadjid Tebboune. L’objectif affiché est de porter la coopération nigéro-algérienne à un niveau supérieur, en privilégiant des projets concrets susceptibles de produire des retombées directes sur les économies nationales et les conditions de vie des populations.
Pour Niamey, cette dynamique représente une opportunité de diversifier ses partenariats stratégiques et de renforcer ses capacités dans des secteurs structurants. Quant à Alger, elle s’inscrit dans une politique plus large visant à accroître son influence économique et diplomatique dans l’espace sahélien.
Les deux délégations ont également évoqué la situation sécuritaire et politique de la région. Face aux multiples défis auxquels le Sahel demeure confronté, les responsables nigériens et algériens ont souligné la nécessité de maintenir une concertation étroite en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement. Cette convergence de vues traduit, par ailleurs, le rapprochement progressif entre Niamey et Alger, deux capitales qui cherchent à renforcer leur coordination dans un environnement régional en pleine recomposition.
La rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs hauts responsables nigériens, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, le ministre de l’Énergie, Pr Amadou Haoua, le directeur de cabinet du président de la République et porte-parole du gouvernement, Dr Soumana Boubacar, ainsi que des responsables du secteur énergétique, dont la directrice générale de la NIGELEC, Fati Abarchi.
En renforçant leur partenariat, Niamey et Alger ne se contentent plus de multiplier les projets bilatéraux : ils cherchent à inscrire leur coopération dans une dynamique régionale, capable d’influencer les équilibres énergétiques et sécuritaires du Sahel. Reste à savoir si cette volonté affichée se traduira, dans les prochains mois, par des avancées tangibles pour les populations et par une voix commune plus audible sur la scène internationale.