Surpopulation à la prison d'Agadez : Le constat d'Alio Daouda - Journal du Niger

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Surpopulation à la prison d’Agadez : Le constat d’Alio Daouda

En visite à la maison d’arrêt d’Agadez ce jeudi 11 juin 2026, le ministre de la Justice et des Droits…

En visite à la maison d’arrêt d’Agadez ce jeudi 11 juin 2026, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a dressé un constat sans détour : l’établissement souffre d’une surpopulation aiguë et de plusieurs déficits structurels qui mettent à mal la sécurité et la dignité des détenus.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Plus de 220 % de surpopulation et des failles sécuritaires majeures

Accueilli par un détachement de la Garde Nationale et accompagné du gouverneur de la région, le ministre a parcouru les installations et assisté à une présentation du dispositif pénitentiaire local. La maison d’arrêt, prévue pour 300 places, accueille aujourd’hui 670 détenus — soit plus de 223 % de sa capacité — répartis entre quatre quartiers : mineurs, femmes et filles, vieillards et fonctionnaires, et le quartier principal des adultes de 18 à 55 ans. Les responsables ont également indiqué la présence de 65 détenus étrangers (Soudanais, Tchadiens, Nigérians, Maliens) et de 24 personnes mises en cause pour des faits liés au terrorisme.

Le régisseur, le capitaine Mounkailla Soumana, a détaillé un tableau préoccupant : dortoirs surchargés (45 détenus en moyenne pour une capacité de 25), insuffisance de toilettes et de fosses septiques, approvisionnement en eau potable déficient, coupures d’électricité liées à des travaux sur la ligne militaire sécurisée, et absence de mur de clôture exposant l’établissement aux risques d’agression et d’évasion. Il a également demandé la construction de deux miradors pour renforcer la surveillance des quartiers sensibles, notamment ceux abritant les mineurs et les fonctionnaires.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La réinsertion par l’effort : le virage des fermes pénitentiaires

S’exprimant devant des détenues lors d’un échange dans leur quartier, M. Alio Daouda a salué les initiatives locales en matière de production agricole et de réinsertion. Il a rappelé que le développement des fermes pénitentiaires s’inscrit désormais dans une orientation nationale destinée à transformer les prisons en centres productifs : « La nouvelle politique pénitentiaire vise à faire de nos établissements de véritables centres de production agricole, artisanale et commerciale. Cela contribuera à l’entretien des détenus et à leur réinsertion sociale et économique après la libération. »

Le ministre a insisté sur la nécessité d’assurer l’autonomie des projets soutenus par des partenaires extérieurs. « Les appuis extérieurs doivent servir de levier pour des initiatives durables portées par l’administration pénitentiaire elle‑même », a‑t‑il déclaré, appelant au développement d’activités génératrices de revenus pour pérenniser ateliers et infrastructures.

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Des réponses d’urgence pour adapter un héritage colonial

Sur les points urgents remontés par l’administration pénitentiaire, M. Alio Daouda a promis un examen programmatique prenant en compte les ressources et priorités nationales. Il a souligné que certaines préoccupations — absence de mur de clôture, problèmes d’approvisionnement en eau et manque d’infrastructures administratives — seront traitées en priorité. Il a aussi demandé le renforcement de la séparation entre catégories de détenus, en particulier entre femmes et mineurs, pour prévenir violences et mauvaises influences.

Par ailleurs, le régisseur a rappelé l’ancienneté de la maison d’arrêt, construite dans les années 1940 à partir d’une ancienne écurie coloniale et plusieurs fois rénovée, ce qui explique en partie les limites actuelles des infrastructures. Il a également appelé les autorités à des interventions structurelles afin d’adapter l’établissement à des réalités démographiques et sécuritaires transformées.

La visite officielle s’est clôturée par une marque de courtoisie : le ministre et sa délégation ont rendu visite au Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, témoignant de l’importance accordée par l’État aux relations locales dans le cadre des politiques pénitentiaires.

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