Énergie au Niger : Pr Amadou Haoua face au CCR - Journal du Niger

Eco et BusinessEnergie




Énergie au Niger : Pr Amadou Haoua face au CCR

Pour la première fois depuis l’ouverture de la session ordinaire 2026 du Conseil consultatif de la refondation, un membre du…

Pour la première fois depuis l’ouverture de la session ordinaire 2026 du Conseil consultatif de la refondation, un membre du gouvernement s’est prêté à l’exercice inédit de redevabilité. Face à des dizaines d’interrogations, la ministre de l’Énergie, Pr Amadou Haoua, a défendu les réformes engagées dans son secteur considéré comme l’un des principaux moteurs du développement du Niger.

Désormais, l’électricité n’est plus seulement une question technique au Niger ; elle est devenue un enjeu politique, économique et social. C’est dans cette perspective que la ministre de l’Énergie, Pr Amadou Haoua, a inauguré les communications gouvernementales devant le Conseil consultatif de la refondation (CCR), réunissant les différentes composantes de cette instance autour des grands dossiers nationaux.

Première membre du gouvernement à se soumettre à cet exercice, elle a démontré, avec un grand sérieux, sa volonté de répondre aux attentes du peuple en plaçant au centre des échanges ce secteur dont dépend une large part des ambitions de développement du pays : l’énergie.

Ministère de l'Énergie
© Ministère de l'Énergie

Un secteur stratégique passé au crible

Durant sa présentation, la ministre a dressé un état des lieux de la politique énergétique nationale avant d’exposer les réformes engagées pour moderniser le secteur.

Ainsi, les discussions ont porté sur les orientations stratégiques du gouvernement, l’amélioration de la gouvernance énergétique, le développement de l’accès à l’électricité, la place des producteurs indépendants ainsi que les mécanismes de régulation appelés à accompagner la transformation du secteur.

La ministre est également revenue sur les défis qui continuent de peser sur la production, le transport et la distribution de l’électricité, tout en présentant les projets destinés à améliorer durablement la couverture énergétique du territoire.

Un exercice de transparence inédit

cependant , l’un des temps forts de cette séance a été la phase de questions‑réponses. À l’issue de la présentation, les membres du CCR ont adressé 53 questions à la ministre et à son équipe. Les échanges ont permis d’aborder de manière approfondie les difficultés rencontrées par le secteur, les réformes en cours et les perspectives envisagées pour répondre aux besoins énergétiques croissants du pays.

À travers cet exercice de redevabilité et de dialogue institutionnel, le gouvernement entend prouver son engagement envers le bien-être des Nigériens et son efficacité sur le dossier énergétique, en soumettant directement ses orientations aux préoccupations des membres du Conseil

Ministère de l'Énergie
© Ministère de l'Énergie

Le barrage de Kandadji au centre des échanges

Il est impossible d’évoquer l’avenir énergétique du Niger sans parler du barrage de Kandadji, projet emblématique dont la réalisation connaît de nombreux retards. Afin d’apporter des précisions sur ce dossier, le ministère de l’Énergie a associé aux travaux le président du Conseil d’administration de l’Agence du barrage de Kandadji.

Celui‑ci a présenté l’évolution du projet, expliqué les contraintes qui ont ralenti sa mise en œuvre au fil des années et exposé les perspectives retenues pour mener à son terme cette infrastructure stratégique, appelée à renforcer la production nationale d’électricité tout en soutenant l’irrigation et le développement économique.

Une mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur

La ministre n’a pas conduit cet exercice seule. Elle était entourée du secrétaire général du ministère ainsi que des responsables des principales structures intervenant dans le secteur énergétique, notamment la NIGELEC, l’ANPER, l’ANERSOL, la SONICHAR, la Société nationale de carbonisation du charbon (SNCC), CONTRELEC, la CMEN ainsi que l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie (ARSE). Leur présence a permis d’apporter des réponses techniques aux nombreuses préoccupations exprimées au cours des débats.

Ministère de l'Énergie
© Ministère de l'Énergie

L’énergie comme levier d’autonomisation des femmes rurales

Par ailleurs, la ministre a élargi la réflexion au développement local. Elle a plaidé pour le renforcement des plateformes multifonctionnelles destinées aux femmes rurales, considérées comme des outils capables de stimuler les activités économiques, d’améliorer les conditions de vie et de favoriser l’autonomisation des communautés.

De plus, elle a appelé à développer des solutions fondées sur les ressources nationales, estimant que le Niger devait davantage miser sur ses propres capacités pour accélérer sa transformation énergétique, sans dépendre exclusivement des financements extérieurs.

Un signal politique pour la refondation

Enfin, cette première communication gouvernementale devant le Conseil consultatif de la refondation traduit une évolution dans la manière d’aborder les politiques publiques.

En plaçant le secteur de l’énergie au cœur d’un débat ouvert avec les membres du CCR, les autorités cherchent à faire de cette instance un espace d’échanges sur les grandes priorités nationales.

Pour un pays confronté à des besoins croissants en électricité, à des défis d’accès à l’énergie et à l’impératif de soutenir son développement économique, ce dialogue institutionnel pourrait contribuer à améliorer la compréhension des réformes engagées, à renforcer la transparence de l’action publique et à faire émerger des solutions mieux adaptées aux réalités du terrain.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP