Le gouvernement durcit son offensive contre la spéculation sur les matériaux de construction. À la suite d’une tournée d’inspection impromptue conduite par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, l’État impose un arsenal réglementaire strict sur l’opération spéciale d’approvisionnement en ciment à Niamey. En injectant plus de 20 000 tonnes sur le marché local du 3 au 9 septembre 2026, les autorités entendent neutraliser les circuits informels et garantir un accès direct aux consommateurs finaux.
Ainsi, pour empêcher l’accaparement des stocks par les grossistes et les intermédiaires véreux, l’exécutif conditionne désormais chaque transaction à un contrôle documentaire rigoureux. Tout acquéreur doit présenter une pièce d’identité valide jumelée à un titre de propriété, un acte de cession ou un permis de construire. De plus, l’administration limite strictement les achats à un quota de cinq tonnes par ménage, interdit toute transaction avec des mineurs et supprime les listes de réservation informelles. Même le maillon logistique subit cet encadrement : les camionnettes et tricycles doivent détenir un laissez‑passer officiel, tandis que le coût du transport urbain reste plafonné entre 3 000 et 5 000 FCFA selon la distance.
Par ailleurs, cette stratégie de régulation repose sur un dispositif d’inspection multidisciplinaire. Sur le terrain, des équipes composées d’agents du ministère, de représentants municipaux, de membres de la société civile et de forces de sécurité supervisent directement la distribution. L’évaluation ministérielle a toutefois mis en lumière des failles opérationnelles : si cinq des sept sites agréés tournent à plein régime, les deux points de vente confiés aux Établissements Charfo sont restés inactifs. Pour pallier ces dysfonctionnements et traquer la rétention de marchandises, le gouvernement sollicite la vigilance citoyenne via la ligne gratuite 808.
Enfin, cette intervention sur les prix — fixés à 60 000 FCFA la tonne pour le ciment 32.5 et 87 500 FCFA pour le grade 42.5 — concrétise l’orientation économique du Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. Le ministère avertit que toute tentative de manipulation des cours entraînera des sanctions pénales immédiates. En encadrant l’ensemble de la chaîne commerciale, de l’usine jusqu’au chantier individuel, le gouvernement transforme ainsi l’effort de distribution en un levier d’assainissement du marché immobilier nigérien.
Cette opération traduit une volonté de protéger les ménages nigériens contre la spéculation et de garantir un accès équitable à un matériau vital pour la construction. En sécurisant l’approvisionnement, l’État place l’accessibilité au logement au cœur de sa politique économique et sociale, offrant aux familles une perspective concrète de stabilité et de dignité.
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