Niger : Dr Élisabeth Shérif présente la réforme éducative au CCR - Journal du Niger

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Niger : Dr Élisabeth Shérif présente la réforme éducative au CCR

NIAMEY, 29 juillet 2026 — Une réforme de l’école ne se mesure pas uniquement au nombre de salles de classe…

NIAMEY, 29 juillet 2026 — Une réforme de l’école ne se mesure pas uniquement au nombre de salles de classe construites ou d’enseignants recrutés. Elle se juge aussi à la capacité d’un système éducatif à former une génération capable de répondre aux besoins d’un pays en transformation. Au Niger, cette équation s’est retrouvée au centre des échanges, mercredi 29 juillet, lors de la première session ordinaire de l’année 2026 du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR).

Face aux conseillers, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, Dr Élisabeth Shérif, a présenté l’état d’avancement des principales réformes engagées dans son secteur. Mais derrière cette communication institutionnelle se dessine une question plus vaste : quel système éducatif le Niger veut-il construire pour accompagner la Refondation du pays ?

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel

Changer l’école pour changer le pays

L’éducation constitue l’un des secteurs où les ambitions de transformation se confrontent directement aux réalités quotidiennes. Dans les établissements, la question se pose en termes d’accès aux apprentissages, de qualité de l’enseignement, de disponibilité des enseignants et d’adaptation des programmes. À l’échelle nationale, elle touche également à l’alphabétisation, à la transmission des savoirs et à la place accordée aux langues nationales.

C’est précisément sur cette chaîne de transformation que la ministre a articulé son intervention devant les conseillers du CCR. Son exposé a porté sur plusieurs volets : réformes institutionnelles, gouvernance du système éducatif, accès à l’éducation, qualité des enseignements et des apprentissages, mais également alphabétisation et promotion des langues nationales.

Le choix de ces priorités traduit une volonté de ne pas réduire la réforme éducative à une simple question d’infrastructures. Il s’agit plutôt de revoir les mécanismes qui permettent à l’école de remplir sa mission, depuis la gouvernance jusqu’à la transmission des connaissances.

L’accès ne suffit plus

Le premier défi reste celui de l’accès. Permettre à davantage d’enfants et de jeunes d’entrer dans le système éducatif constitue une étape fondamentale. Cependant, l’élargissement de l’accès pose immédiatement une seconde exigence : garantir à ceux qui y entrent une éducation de qualité.

C’est là que la réforme change d’échelle. Une école plus accessible mais incapable d’assurer des apprentissages solides ne répondrait que partiellement aux ambitions affichées. À l’inverse, l’amélioration de la qualité sans réponse suffisante à la question de l’accès risquerait de laisser une partie de la population en dehors du système.

Le véritable défi consiste donc à faire avancer les deux fronts simultanément. La communication présentée devant le CCR a précisément permis de mettre en perspective les actions déjà engagées, les résultats obtenus et les difficultés qui subsistent.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel

La bataille silencieuse de l’alphabétisation

À côté de l’enseignement scolaire classique, l’alphabétisation occupe également une place significative dans cette architecture. La question dépasse largement l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Elle renvoie à l’accès aux connaissances, à l’autonomie des populations et à leur capacité à participer pleinement à la vie économique et sociale. Dans cette perspective, la promotion des langues nationales ajoute une autre dimension à la réforme.

L’enjeu est aussi culturel : il s’agit de penser une école capable de transmettre les savoirs tout en prenant en compte les réalités linguistiques du pays. La politique éducative se retrouve ainsi à la croisée de plusieurs objectifs : instruire, transmettre, inclure et préparer les citoyens aux mutations de la société.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel

Le CCR face aux résultats et aux défis

La présence de la ministre devant les conseillers du CCR intervient également à un moment où les politiques publiques sont appelées à être confrontées à leurs résultats. Élisabeth Shérif a présenté les actions déjà réalisées, les acquis enregistrés, mais aussi les défis auxquels le secteur reste confronté.

Cette approche donne à la session une portée particulière. Elle ne consiste pas uniquement à exposer les orientations du gouvernement. Elle permet également de mettre les réformes à l’épreuve des réalités du terrain et d’examiner les perspectives envisagées pour la suite.

Autrement dit, la question n’est plus seulement de savoir quelles réformes ont été annoncées, mais jusqu’où elles peuvent transformer concrètement le système éducatif.

Une école à la mesure des ambitions de la Refondation

La réforme éducative apparaît ainsi comme un chantier de long terme. Elle engage la gouvernance du secteur, la formation et l’accompagnement des enseignants, les conditions d’apprentissage, l’accès aux savoirs, l’alphabétisation et la valorisation des langues nationales.

Elle touche surtout à une ressource dont les effets ne se mesurent pas immédiatement : le capital humain. Un système éducatif performant ne produit pas seulement des diplômés. Il contribue à former des compétences, à renforcer la cohésion sociale et à préparer les générations futures à participer au développement du pays.

C’est pourquoi les perspectives présentées devant le CCR prennent une dimension qui dépasse le seul ministère de l’Éducation nationale.

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© Ministère de l’Education Nationale Officiel

La Refondation se joue aussi dans les salles de classe.

Car si les transformations institutionnelles peuvent être décidées rapidement, leur traduction dans les parcours scolaires demande davantage de temps, de constance et d’évaluation.

Le rendez-vous du 29 juillet aura donc permis de placer l’éducation au cœur d’une réflexion plus large sur l’avenir du Niger. Reste désormais le passage le plus exigeant : transformer les orientations en résultats durables et faire en sorte que chaque réforme annoncée puisse, à terme, se mesurer dans le quotidien des élèves, des enseignants et des familles. Au bout du compte, la réussite de la Refondation pourrait aussi se lire dans la qualité de l’école qu’elle aura réussi à construire.

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