NIAMEY, 31 juillet 2026 — Le baccalauréat ouvre une porte, mais ne dit pas toujours quelle direction prendre. Pour des milliers de jeunes Nigériens, l’obtention du diplôme marque ainsi le début d’une autre épreuve : choisir une formation, identifier une filière porteuse et éviter que l’orientation ne devienne un choix par défaut.
C’est dans cet espace d’incertitude que l’UNIV-EXPO 2026 entend trouver sa place. La deuxième édition du Salon international d’information et d’orientation des nouveaux bacheliers s’est ouverte vendredi 31 juillet à Niamey, sous l’impulsion de l’Agence FAIDA Consulting, en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique.
Mais derrière les stands d’universités et les présentations de formations, l’enjeu dépasse largement la découverte de quelques établissements. Le Niger cherche à mieux rapprocher les aspirations de sa jeunesse des besoins de son économie.
Pour le nouveau bachelier, la question n’est désormais plus seulement de poursuivre ses études. Il faut savoir lesquelles. Droit, sciences, technologie, économie, ingénierie, formations professionnelles ou autres parcours spécialisés : l’éventail des possibilités peut rapidement transformer la liberté de choix en véritable casse-tête. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique, le professeur Mamadou Saidou, l’a placé au cœur de son intervention inaugurale.
Selon lui, l’orientation post-baccalauréat ne doit pas se réduire à une formalité administrative. Elle doit permettre au jeune de confronter ses aptitudes, ses ambitions et les perspectives offertes par le marché du travail aux priorités de développement du pays. Autrement dit, le bon choix de filière devient une question de stratégie nationale.
Une boussole pour les nouveaux étudiants
L’UNIV-EXPO veut précisément jouer ce rôle de boussole. Durant le salon, les nouveaux bacheliers peuvent découvrir les parcours proposés par différentes universités et grandes écoles, mais aussi échanger avec des acteurs susceptibles de les aider à comprendre les possibilités qui s’offrent à eux.
La directrice générale de FAIDA Consulting a invité les jeunes à suivre attentivement les présentations et à exploiter les informations disponibles. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la première édition, dont les organisateurs disent avoir tiré des résultats encourageants.
Le pari consiste désormais à transformer cette expérience en un rendez-vous capable de répondre à une demande croissante d’informations au moment où les jeunes doivent prendre des décisions qui peuvent peser sur plusieurs années de leur vie.
Présent à l’ouverture, le gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumane Abdou Harouna, a, lui aussi, insisté sur la responsabilité qui accompagne cette étape. Son appel aux nouveaux bacheliers tient en une idée : choisir avec discernement.
Dans un contexte où certaines filières peuvent attirer davantage de candidats que d’autres, l’orientation doit éviter les décisions dictées uniquement par l’effet de mode, les préférences de l’entourage ou la méconnaissance des débouchés. Pour les jeunes, le salon offre donc l’occasion de comparer, questionner et surtout de comprendre avant de s’inscrire.
Former les compétences dont le Niger aura besoin
Le gouvernement entend donner à cette problématique une portée plus large. Lors du lancement, le professeur Mamadou Saidou a replacé l’orientation dans la transformation du système éducatif et dans la valorisation du capital humain.
Cette vision repose sur un principe simple : un pays ne construit pas son avenir uniquement avec des infrastructures ou des investissements ; il le construit aussi avec les compétences de sa jeunesse. Le choix des formations devient dès lors une composante de la politique de développement.
Le ministre a réaffirmé la disponibilité des autorités à soutenir les initiatives et partenariats susceptibles de contribuer à la formation des compétences appelées à participer au développement du pays. Cette orientation s’inscrit dans les priorités affichées par les autorités nigériennes, sous la conduite du président de la République, chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, et du Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine.
Après la cérémonie officielle, le professeur Mamadou Saidou a parcouru les différents espaces d’exposition. Universités, grandes écoles et partenaires ont présenté leurs offres et leurs dispositifs aux visiteurs. La scène peut sembler classique. Pourtant, elle répond à une difficulté très concrète : permettre au futur étudiant de passer d’une connaissance générale des études supérieures à une décision plus construite.
Car entre obtenir le bac et réussir son entrée dans l’enseignement supérieur, il existe une étape souvent sous-estimée : savoir où aller et pourquoi. C’est cette étape que l’UNIV-EXPO veut désormais mieux encadrer.
Le véritable défi commence après le salon
La deuxième édition s’ouvre alors que le Niger cherche à renforcer son capital humain et à préparer une nouvelle génération de compétences.Pour les organisateurs comme pour les autorités, l’enjeu ne sera toutefois pas uniquement de remplir les stands ou d’informer les visiteurs pendant quelques jours.
Le véritable résultat se mesurera plus tard : dans les choix opérés par les nouveaux bacheliers, leur capacité à réussir leurs parcours et, à terme, dans leur insertion dans la vie professionnelle. L’orientation réussie ne se reconnaît pas au nombre de brochures distribuées, mais au nombre de jeunes qui trouvent leur voie.
À Niamey, l’UNIV-EXPO 2026 ouvre ainsi une réflexion qui dépasse le simple calendrier universitaire. Elle pose une question centrale pour le Niger : comment transformer chaque nouveau bachelier en une compétence utile à lui-même et au pays ?
La réponse se construira peut-être dans une salle de conférence, devant un stand universitaire ou au détour d’un échange avec un conseiller. Mais elle se vérifiera surtout plusieurs années plus tard, lorsque ces jeunes diplômés entreront à leur tour dans l’économie nigérienne.
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