Tibiri, région de Maradi, 5 août 2026 — Dans les villages, la paix ne se mesure pas seulement à l’absence de coups de feu. Elle se reconnaît aussi à la possibilité pour un agriculteur de retrouver son champ sans crainte, pour un éleveur de conduire son troupeau vers un point d’eau et, surtout, pour deux voisins de régler un différend sans laisser la querelle devenir une affaire d’État.
C’est autour de cette réalité quotidienne que Tibiri a accueilli, mercredi 5 août 2026, une rencontre communautaire consacrée à la prévention et à la gestion des conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles partagées.
La rencontre, organisée par la Haute Autorité à la consolidation de la Paix (HACP), a réuni les représentants des autorités administratives et coutumières ainsi que des agriculteurs, des éleveurs, des femmes et des jeunes. Au centre des échanges : la terre, l’eau, les pâturages et les règles qui doivent permettre à chacun d’en tirer sa subsistance sans compromettre celle de son voisin.
Dans une région où l’agriculture et l’élevage font vivre une grande partie des populations, le partage de l’espace n’est jamais une question secondaire. Une piste de transhumance mal respectée, un champ traversé par un troupeau ou un point d’eau disputé peuvent rapidement transformer un désaccord ordinaire en conflit. C’est précisément avant que la tension ne monte que les mécanismes locaux doivent intervenir.
Présent à Tibiri, le président de la HACP, le général de brigade Amadou Diddili, a invité les communautés à faire du dialogue et de la concertation les premiers outils de règlement des différends. L’objectif n’est pas seulement de résoudre les conflits une fois qu’ils sont installés, mais de permettre aux communautés de les désamorcer suffisamment tôt.
Le responsable de la HACP a également transmis les salutations du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, en soulignant l’attention accordée aux initiatives destinées à renforcer la stabilité et la cohésion sociale.
À Tibiri, le message est simple : les ressources naturelles peuvent être limitées, mais les solutions ne doivent pas l’être. La terre doit nourrir les cultivateurs. Les espaces pastoraux doivent permettre aux éleveurs de faire vivre leurs troupeaux. Les points d’eau doivent rester accessibles. Entre ces nécessités, les communautés doivent trouver des règles acceptées et respectées par tous.
La HACP mise ainsi sur les acteurs qui connaissent le mieux les réalités du terrain. Les chefs traditionnels, les responsables communautaires, les producteurs, les éleveurs, les femmes et les jeunes ne sont pas de simples spectateurs. Ils constituent les premiers relais lorsqu’une tension apparaît dans une communauté. La prévention commence donc au niveau où naît le problème.
La rencontre de Tibiri dépasse ainsi le cadre d’une simple réunion administrative. Elle pose une question très concrète : comment continuer à vivre ensemble lorsque les mêmes espaces doivent répondre à plusieurs besoins ?
La réponse ne se trouve pas uniquement dans les décisions venues des administrations. Elle dépend aussi des habitudes locales, du respect des couloirs de passage, de la concertation entre usagers et de la capacité des communautés à privilégier la parole plutôt que la confrontation. Dans cette approche, la paix devient une affaire quotidienne. Elle se construit dans le champ, autour du puits, sur les pistes de transhumance et dans les lieux où agriculteurs et éleveurs se rencontrent.
À Tibiri, la HACP entend accompagner cette dynamique. Parce qu’une paix durable ne se décrète pas : elle se gagne, jour après jour, par la confiance, la règle commune et la volonté de vivre ensemble.
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