Le Niger accueillera, du 5 au 7 octobre 2026, la 10ᵉ édition du Salon africain de l’invention et de l’entreprise innovante (SAIIT). Les préparatifs de cette rencontre, prévue au Centre international Mahatma-Gandhi de Niamey, ont été lancés lors d’une conférence de presse réunissant des responsables gouvernementaux, des représentants de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), des chercheurs et des acteurs du secteur privé.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a présenté les grandes orientations de cette édition en sa qualité d’administrateur du Niger auprès de l’OAPI. À ses côtés figuraient notamment le ministre de l’Enseignement professionnel et de la Formation technique, Farmo Moumouni, ainsi que le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, de l’Innovation et de la Recherche technologique, Moussa Talibi.
Pour les autorités nigériennes, le SAIIT dépasse le cadre d’un simple événement consacré aux inventions. Elles veulent en faire un instrument au service de la souveraineté économique et du développement industriel. Le gouvernement entend ainsi accorder une place centrale à la recherche, à la protection des créations et à la transformation des innovations en activités génératrices d’emplois.
Le salon s’inscrit également dans les priorités affichées par les États membres de la Confédération des États du Sahel (AES), notamment la mutualisation des compétences, la coopération régionale et la recherche d’une plus grande autonomie économique.
Relier l’invention au financement
Abdoulaye Seydou a appelé les acteurs financiers à soutenir davantage les jeunes porteurs de projets. Selon lui, le potentiel créatif de la jeunesse nigérienne et africaine ne pourra produire pleinement ses effets sans un accès accru au financement et à des mécanismes d’accompagnement adaptés.
Le ministre a invité les banques, les investisseurs et les partenaires techniques à dépasser la prudence excessive qui freine souvent le passage de l’idée à l’entreprise. Il a également exhorté les différents participants à s’approprier le programme du salon et à contribuer à sa réussite.
L’OAPI veut rapprocher les créateurs du marché
Le directeur général de l’OAPI, Denis Loukou Bohoussou, a rappelé le rôle historique du Niger dans la création de l’organisation. Il a également salué la capacité du peuple nigérien à maintenir ses activités d’innovation et d’entrepreneuriat malgré les difficultés auxquelles le pays est confronté.
Pour l’OAPI, l’enjeu de cette édition consiste à mieux accompagner les inventeurs après la reconnaissance de leurs créations. L’organisation souhaite favoriser l’émergence d’un environnement dans lequel une invention protégée par la propriété intellectuelle peut bénéficier d’un financement, accéder au marché et contribuer à la création d’emplois.
Cette approche marque une volonté de dépasser la logique des récompenses symboliques. Les promoteurs du SAIIT veulent désormais établir un lien plus direct entre la recherche, la propriété intellectuelle, l’investissement et la production.
Les représentants des ministères chargés de la formation technique et de l’enseignement supérieur ont, pour leur part, mis en avant les capacités africaines dans les domaines de l’invention et de l’innovation. Ils ont également rappelé les efforts engagés par le Niger pour encourager les solutions technologiques destinées à répondre aux besoins des populations.
Pendant trois jours, le SAIIT réunira des inventeurs, des créateurs, des chercheurs, des entreprises et des investisseurs. Le programme prévoit notamment la mise en valeur des inventions africaines, la présentation de technologies émergentes et la création de contacts entre porteurs de projets, industriels et bailleurs de fonds.
Les médias appelés à accompagner l’événement
Les organisateurs ont demandé aux médias nationaux et internationaux de jouer un rôle actif dans la promotion du salon. Ils estiment que la visibilité accordée aux innovations locales peut favoriser leur adoption, attirer des partenaires et renforcer la confiance des investisseurs.
Le ministère du Commerce et de l’Industrie et l’OAPI invitent également les entreprises, les jeunes créateurs et les partenaires économiques à se mobiliser. À leurs yeux, la 10ᵉ édition du SAIIT doit contribuer à faire de Niamey un espace de rencontres, de formation et de coopération autour de l’innovation africaine.
Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP