Le Niger et l’Algérie cherchent à donner un nouvel élan à leur coopération dans les hydrocarbures. Reçu mardi 22 septembre 2026 au palais de la présidence à Niamey, le ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a présenté au général Abdourahamane Tiani un message du président Abdelmadjid Tebboune et fait le point sur plusieurs projets stratégiques.
La rencontre s’inscrit dans le cadre d’une visite de travail de deux jours consacrée aux partenariats énergétiques entre les deux pays. Le gazoduc transsaharien, l’exploration pétrolière et la commercialisation du brut nigérien figuraient au centre des discussions.
Le gazoduc transsaharien constitue le dossier le plus ambitieux examiné par les deux délégations. Le projet doit relier les ressources gazières du Nigeria aux infrastructures algériennes, avec un passage par le territoire nigérien, avant une éventuelle ouverture vers les marchés européens.
Les échanges de Niamey ont porté sur les prochaines étapes du tronçon nigérien, notamment le lancement d’une campagne de levés topographiques et la réalisation des études nécessaires. Ces opérations doivent préciser le tracé, les contraintes techniques et les conditions de construction de l’ouvrage sur le territoire du Niger.
Le projet, long de 4 128 kilomètres selon les données communiquées par les parties prenantes, doit transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le tronçon nigérien représente environ 841 kilomètres et reste déterminant pour la continuité de l’ensemble du corridor énergétique.
Extension des activités de Sonatrach : Du bloc de Kafra vers la prospective de Bilma
Les discussions ont également concerné les activités de Sonatrach au Niger. Le groupe algérien mène des opérations d’exploration sur le périmètre de Kafra, dans le nord du pays, en partenariat avec les autorités nigériennes.
Les deux parties envisagent de poursuivre cette coopération et d’examiner son extension à d’autres blocs. Le bloc de Bilma figure notamment parmi les perspectives évoquées dans le cadre de la visite de la délégation algérienne.
Pour Niamey, l’enjeu ne se limite pas à attirer des investissements dans l’exploration. Le gouvernement souhaite aussi renforcer les compétences nationales, accroître la maîtrise de la chaîne pétrolière et obtenir un accompagnement technique dans les domaines de la recherche, du développement et de la production.
Le Niger veut également s’appuyer sur l’expérience de Sonatrach pour consolider les activités de la Société nigérienne des produits pétroliers. Les échanges portent sur l’expertise technique, la commercialisation du pétrole brut et la négociation de contrats.
Cette coopération doit aider la Sonidep à mieux valoriser la production nationale et à renforcer sa position dans les opérations de vente. Elle pourrait aussi favoriser un partage d’expérience dans la gestion des marchés pétroliers et dans le suivi des opérations avec les partenaires internationaux.
Les autorités algériennes ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner le Niger dans le développement et la valorisation de ses ressources énergétiques.
Une stratégie bilatérale axée sur l’indépendance énergétique et le développement local
Au cours de l’audience, le président Abdourahamane Tiani a fixé les priorités nigériennes en matière de valorisation des ressources et de renforcement des capacités nationales. Le chef de l’État veut inscrire les projets énergétiques dans une logique de souveraineté et de développement de la filière locale.
Cette orientation donne une portée plus large aux discussions. Le Niger ne cherche pas seulement à accroître sa production, mais aussi à mieux contrôler les différentes étapes qui vont de l’exploration à la commercialisation.
L’Algérie, de son côté, entend consolider un partenariat fondé sur la solidarité, la complémentarité et les intérêts communs. Les discussions consacrées au TSGP et aux projets de Sonatrach montrent que les deux pays veulent en effet transformer leurs relations politiques en réalisations industrielles concrètes.
La réunion s’est tenue en présence de plusieurs responsables nigériens, parmi lesquels le ministre, directeur de cabinet du président de la République, Dr Soumana Boubacar, le ministre du Pétrole, Hamadou Tinni, le directeur de cabinet adjoint, Salim Mahamadou Gado, le secrétaire général du gouvernement, Mahamane Roufai Laouali, et le directeur général de la Sonidep, le colonel Ali Seydou.
La délégation algérienne a effectué cette visite avec des responsables de Sonatrach chargés notamment de l’exploration, de la production, du raffinage et de la pétrochimie. Cette composition souligne l’importance accordée au suivi technique et opérationnel des projets.
La poursuite du TSGP dépendra désormais de l’avancement des études et de la préparation du tracé nigérien. Les résultats des levés topographiques devront fournir les bases techniques nécessaires à la planification des prochaines étapes. En parallèle, les travaux sur Kafra, l’examen de nouveaux blocs et l’accompagnement de la Sonidep doivent préciser la place que Sonatrach occupera dans la filière nigérienne.
À Niamey, l’Algérie et le Niger ont donc posé les bases d’un agenda énergétique commun. La prochaine étape consistera à convertir les engagements politiques en calendriers de travail, en études achevées et en projets capables de produire des retombées durables pour les deux pays.
Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP