Six semaines après avoir sommé les compagnies de transport de voyageurs de resserrer leurs pratiques, le colonel-major Abdourahamane Amadou a réuni, ce mardi 22 septembre 2026, les distributeurs et transporteurs de gaz domestique. Même ton, même menace de sanctions : le ministre des Transports et de l’Aviation civile fait de la sécurité des filières à risque une priorité affichée de son action.
Un ultimatum ferme adressé aux distributeurs et transporteurs
Réunis au ministère des Transports et de l’Aviation civile, les responsables des sociétés de distribution, les représentants syndicaux ainsi que les transporteurs sont venus examiner la mise en œuvre du communiqué du 8 septembre 2026, qui fixe les conditions et les moyens techniques autorisés pour transporter le gaz domestique à travers le pays.
Le ministre n’a laissé planer aucune ambiguïté. Chaque acteur de la filière doit désormais se conformer aux normes en vigueur, a-t-il averti, et tout contrevenant s’expose aux sanctions prévues par la réglementation.
Selon le Colonel-major Abdourahamane Amadou, ministre des Transports et de l’Aviation civile , la sécurité des populations demeure la priorité absolue qui doit guider l’action de chacun.
De leur côté, les acteurs présents ont assuré le ministre de leur détermination à mettre en œuvre cette décision.
Une offensive réglementaire engagée depuis la crise du début d’année
Ce nouveau tour de vis ne sort pas de nulle part. Dès janvier 2026, les autorités nigériennes avaient déjà durci l’encadrement du marché du gaz de pétrole liquéfié, après des inspections ayant mis au jour des pratiques de spéculation, des pénuries artificielles et le détournement de bouteilles destinées à la distribution régulée, selon des informations rapportées début janvier par l’agence Ecofin. Des milliers de bouteilles avaient alors été saisies, dans un pays où le gaz domestique reste largement subventionné pour protéger le pouvoir d’achat des ménages.
Le communiqué du 8 septembre 2026, au cœur de la réunion de ce mardi, s’inscrit dans la continuité de cette offensive réglementaire : il ne s’agit plus seulement de contrôler les prix et les stocks, mais d’encadrer, cette fois, les conditions mêmes du transport du gaz jusqu’aux points de vente.
Ce n’est pas la première fois, cette année, que le colonel-major Abdourahamane Amadou convoque un secteur du transport pour lui imposer une remise à niveau sécuritaire. Le 11 août 2026, déjà à Niamey, il avait réuni les compagnies de transport de voyageurs après un accident survenu le 7 août dans la région de Maradi, qui avait fait 22 morts et 37 blessés, selon l’Agence nigérienne de presse.
D’un secteur à l’autre, la méthode se répète : réunion des professionnels concernés, rappel ferme des normes existantes, menace explicite de sanctions. Une approche qui traduit une priorité assumée du ministère : traiter la sécurité des transports, sous toutes ses formes, comme un chantier permanent plutôt que comme une réponse ponctuelle aux drames.
Reste, pour le gouvernement, un exercice d’équilibriste. D’autres concertations sont d’ores et déjà annoncées pour approfondir la réflexion, avec un double objectif : garantir un approvisionnement régulier des ménages en gaz domestique et sécuriser les conditions dans lesquelles ce gaz circule jusqu’à eux. Un enjeu d’autant plus sensible que le secteur reste marqué par les tensions observées depuis le début de l’année.
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