OUAGADOUGOU, 23 septembre 2026 — Dans le quartier de Ouaga 2000, les installations historiques du Centre omnisports d’entraînement des Étalons (COMET) s’apprêtent à subir une métamorphose radicale. Mardi, le gouvernement burkinabè a scellé un pari audacieux : engager un chantier pharaonique de plus de 25 milliards de francs CFA pour doter le pays d’un véritable hub sportif de haute performance. Une ambitieuse décision , portée par les plus hautes autorités de la Transition, qui résonne comme une promesse d’avenir au cœur d’une période marquée par les sacrifices liés à l’effort de guerre.
L’objectif affiché est précis : en finir avec le bricolage infrastructurel et offrir aux athlètes nationaux, toutes disciplines confondues, des standards internationaux d’ici à la fin de l’année 2027.
Fini le simple centre de regroupement. Le nouveau plan d’aménagement, qui s’étendra sur plus de huit hectares, prévoit de transformer le site en une cité sportive intégrée. L’élément central de cette mue architecturale repose sur la construction de deux tours d’hébergement de six niveaux (R+5).
La première tour, conçue comme un écrin de haut standing, proposera 57 suites doubles exclusivement réservées à l’équipe nationale A. La seconde, plus capacitaire, offrira 300 chambres standards destinées aux sélections de jeunes et aux autres fédérations. Toutefois, l’ambition dépasse largement le cadre de l’hôtellerie.
Le futur COMET intégrera un pôle médical et paramédical de pointe, essentiel à la récupération et au suivi des athlètes. Sur le plan purement sportif, le cahier des charges annonce des pelouses naturelles et synthétiques répondant aux strictes normes d’homologation de la FIFA, des courts de tennis ainsi qu’un bassin olympique complété par des espaces de balnéothérapie. Signe de l’ancrage du projet dans le sport moderne, une salle dédiée à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) sortira également de terre.
L’argent public placé sous l’œil vigilant
Cependant, le lancement de ce chantier colossal intervient dans un contexte économique national tendu. Le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, présent sur le site pour lancer les travaux, n’a pas manqué de le rappeler. Loin des discours protocolaires habituels, le chef du gouvernement a livré un message de fermeté à l’encontre des entreprises adjudicataires.
Rappelant que ces fonds colossaux proviennent de l’effort collectif des Burkinabè en pleine crise sécuritaire, il a également donné un ultimatum strict de quinze mois. L’injonction est claire : aucune tolérance ne sera accordée face aux malfaçons ou aux retards. L’exécutif promet d’ailleurs une inspection rigoureuse à l’échéance du contrat et exige des infrastructures capables de résister à l’épreuve du temps.
Ce lourd investissement, impulsé par la vision du président Ibrahim Traoré, ne se veut pourtant que la face visible de l’iceberg. Pour le gouvernement, couler du béton ne suffira pas à bâtir une « industrie du sport » pérenne.
Comme l’a souligné la ministre des Sports, Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara, le COMET porte en lui une charge symbolique forte. Né dans le sillage de la Coupe d’Afrique des Nations 1998, une époque dorée pour le football burkinabè, le centre nécessitait urgemment cette cure de jouvence.
Cependant, les autorités préviennent que cette modernisation physique s’accompagnera bientôt d’un bouleversement institutionnel. Des réformes « profondes et courageuses » sont annoncées dans la gestion du sport au Burkina Faso. L’enjeu consiste à décentraliser la détection des talents vers les provinces et à structurer un écosystème où le sport ne sera plus seulement un loisir de passionnés, mais également un véritable vecteur de développement économique et d’unité nationale.
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