Agadez ville propre : des déchets pour restaurer les sols - Journal du Niger

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Agadez ville propre : des déchets pour restaurer les sols

À Agadez, la lutte contre l’insalubrité change de terrain. Le projet « Agadez ville propre » veut désormais faire des déchets ménagers…

À Agadez, la lutte contre l’insalubrité change de terrain. Le projet « Agadez ville propre » veut désormais faire des déchets ménagers un levier de restauration des sols dégradés. Une approche expérimentale qui réunit environnement, santé, municipalité, université et jeunesse autour d’une même ambition : transformer un problème urbain en ressource pour le territoire.

À Agadez, les déchets ne sont plus seulement considérés comme ce qu’il faut ramasser et éloigner des quartiers. Ils deviennent aussi une matière susceptible de participer à la reconquête des terres dégradées. C’est l’un des enjeux placés au cœur de la formation ouverte mardi 11 août 2026 à la Commune urbaine d’Agadez.

Présidée par le secrétaire général de la municipalité, Mahamadou Abdoul Malik Alkassoum, cette session vise à donner aux membres du comité de suivi les outils nécessaires pour accompagner les différentes activités du projet « Agadez ville propre ».

Financé par la coopération japonaise et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le projet entend agir sur deux fronts étroitement liés : l’amélioration de la gestion des déchets et le renforcement de la santé publique.

Officiel Mairie d'Agadez
© Officiel Mairie d'Agadez

Des déchets pour restaurer les sols

L’originalité de l’approche réside surtout dans le lien établi entre gestion des déchets et récupération des terres dégradées. La formation, assurée par le directeur général de l’Environnement et du Développement durable, le colonel Coulibaly, porte notamment sur les techniques de valorisation des déchets, la récupération des sols à partir des déchets ménagers selon la méthode du professeur Oyama et le fonctionnement d’une plateforme de compostage.

Ainsi, le projet ne s’arrête pas à la collecte des déchets. Il cherche à leur donner une seconde fonction : contribuer à la restauration de terres affectées par la dégradation des sols. Cette orientation suppose cependant une organisation rigoureuse. Le tri, la préparation des matières, leur traitement et leur utilisation sur les parcelles expérimentales nécessitent des compétences techniques que le comité de suivi doit désormais maîtriser.

Officiel Mairie d'Agadez
© Officiel Mairie d'Agadez

Une expérimentation grandeur nature

Le projet dispose déjà d’un terrain destiné à tester cette démarche. Une plateforme de compostage a également été aménagée au niveau de l’abattoir. Les prochaines étapes permettront de passer de la théorie à la pratique. Sur le site réservé à la récupération des terres dégradées, les participants devront notamment examiner l’état des sols et la biomasse, confectionner des demi‑lignes, trier les déchets puis procéder à leur étalage.

Le dispositif repose sur une logique expérimentale : une parcelle servira aux essais tandis qu’une seconde constituera une parcelle témoin. Cette distinction doit permettre de mesurer les effets de la méthode utilisée et de comparer l’évolution des sols traités avec celle d’une parcelle laissée sans intervention.

L’enjeu est donc de dépasser le simple affichage environnemental. Il s’agit de produire des résultats observables sur le terrain et, à terme, de déterminer dans quelle mesure la valorisation des déchets ménagers peut contribuer à la restauration des terres.

Une chaîne d’acteurs autour d’un même défi

La composition du comité de suivi traduit, elle aussi, cette volonté de croiser les compétences. Autour de la table se retrouvent les services techniques de l’environnement, l’Université d’Agadez, les acteurs de la santé, la municipalité, les conseils régional et communal de la jeunesse, le centre de tri et de valorisation des déchets de la Commune, ainsi qu’un représentant des zones de pré‑collecte et de salubrité.

Cette diversité n’est pas anodine. La réussite d’un tel dispositif dépend autant de la capacité à traiter les déchets que de celle à organiser leur collecte, leur tri, leur valorisation et leur utilisation sur les espaces à restaurer. Elle suppose également que les populations puissent trouver leur place dans la chaîne, notamment à travers les mécanismes de pré‑collecte et de salubrité.

Officiel Mairie d'Agadez
© Officiel Mairie d'Agadez
D’« Agadez ville propre » à Agadez ville durable ?

Le projet soulève une question plus large : comment transformer la gestion des déchets en instrument durable d’aménagement urbain et environnemental ?

À Agadez, l’équipe engagée tente d’apporter une réponse locale à cette équation. Les acteurs ne considèrent plus le déchet uniquement comme une nuisance à évacuer ; ils le traitent désormais comme une ressource potentielle. De même, ils abordent la terre dégradée comme un espace d’expérimentation plutôt que comme une fatalité.

Les travaux pratiques annoncés confronteront directement cette ambition aux réalités du terrain. Entre les déchets produits par la ville et les terres à restaurer, le projet « Agadez ville propre » cherche à établir une nouvelle chaîne de valorisation.

Il reste à voir si les parcelles expérimentales confirmeront les promesses de cette approche. À Agadez, la propreté de la ville ne se mesurera plus seulement à la quantité de déchets évacués, mais aussi à la capacité de la collectivité à transformer ces déchets en ressource pour restaurer son environnement.

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