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COP 15: la FAO pour un changement des modes de production agricole

La FAO propose parmi les innovations comme solution majeure, l’agroforesterie.L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dont une délégation de haut niveau a pris part à la COP 15 à Abidjan, appelle à repenser les modes de production agricole face à la désertification et à la dégradation des sols. 

Faisant le bilan de la COP 15, tenue à Abidjan du 9 au 20 mai 2022, Mme Vera Boerger, de la division des terres et eaux au Département climat et biodiversité de la FAO, a déclaré que l’événement a été « un succès ». 

Pour Mme Vera Boerger, « il faut une agriculture plus intelligente et plus intégrée » face à la désertification et à la sécheresse. Cela, dira-t-elle, a été expliqué à plus de 500 personnes qui se sont intéressées au stand de la FAO. 

Elle s’est félicitée de ce que le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, a visité le stand de la FAO, le mercredi 18 mai 2022. L’organisation qui appuie des projets institutionnels, sollicite des ressources auprès des bailleurs de fonds pour accompagner les Etats au plan de la technicité et assister les communautés.  

« On a travaillé avec beaucoup de partenaires et présenté des expériences dans les différents pays », a-t-elle ajouté, tout en insistant que la FAO oeuvre avec les différents gouvernements, les ministères et les communautés dans la prise des décisions. 

M. Samy Gaiji, représentant de la FAO en Côte d’Ivoire, a rappelé l’alerte de l’Organisation mondiale de la météorologie  (OMM) qui signale « une augmentation de 1,5 degrés à 3 degrés » de la température de la planète qui va droit contre le mur.  

Des cas de températures extrêmes sont actuellement observés en Asie, ainsi qu’en Europe, où il y a une canicule, a-t-il fait remarquer, avant d’ajouter que cette semaine, en Irak, il y a eu une tempête de sable. 

« On est dans une situation, où ici en Côte d’Ivoire on doit adapter des stratégies (et) les pratiques agricoles » qui permettent de prendre en compte la dimension de l’augmentation de la température de la terre.      

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao avec 2,2 millions de tonnes. Cette culture de rente est faite en plein air, en culture intensive. La FAO propose parmi les innovations comme solution majeure, l’agroforesterie.

Selon M. Samy Gaiji, le cacao est un fruitier qui croît sous l’ombrage d’arbres. De ce fait, le cacaoyer, ayant une préférence à croître sous un couvert végétal, alors « on ne peut plus continuer à planter le cacao en plein air ». 

Sensible à la chaleur, dans ses premières années de croissance, le cacaoyer peut mourir sous la forte chaleur. Avec le réchauffement climatique, M. Samy soutient que l’agroforesterie permettra au cacao de bien croître, mais également d’avoir une production plus durable.

A long terme, s’il n’y a pas de changement de paradigme, « on risque une dégradation des terres, un appauvrissement des sols et un stress hydrique » qui va provoquer sur le cacao une chute de production, a-t-il poursuivi.   

Il a défendu que « l’agroforesterie donne l’ombrage, ce qui réduit la température au niveau de la production de cacao, augmente l’humidité, (d’où) il y a moins d’évapotranspiration ». L’avantage, étant la fertilisation des sols et un enrichissement des sols apportés par la forêt. 

L’agriculteur qui fait l’agroforesterie a une bonne production, mais peut aussi bénéficier de la valeur de l’essence planté, a-t-il souligné. Aujourd’hui, la FAO Côte d’Ivoire travaille sur l’agroforesterie, le cacao zéro déforestation et la restauration des sols. 

« Pour cet ensemble de solutions on est à plus de 20 millions de dollars », a-t-il fait savoir. La FAO recommande aussi une agriculture intelligente face au climat et l’agroécologie, surtout dans le Nord ivoirien où les 90% des sols ont perdu leur fraîcheur. 

Mme Anne-Marie N’Da a mentionné qu’au Sénégal, « le projet de 1.000 citernes » du chef de l’Etat, est en passe d’être implémenté en Côte d’Ivoire (Bondoukou, Bouna). Il s’agit de citernes de captures d’eau qui permettent à faire par exemple du maraîcher.  

La FAO s’est engagée à apporter un appui total à Abidjan legacy program à la COP 15. L’organisation était la « première à investir financièrement un appui technique », débloquant de l’argent interne pour aider au démarrage de cette initiative.

A la première semaine de la COP 15, la FAO, en présence de sa directrice générale adjointe Maria Helena Semedo, a signé avec le ministre d’Etat, ministre ivoirien de l’Agriculture, M. Adjoumani Kouassi, « un contrat de 5,3 millions de dollars sur l’agroforesterie dans la cacaoculture ».


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