Agadez : lancement des épreuves pratiques du CQP 2026 - Journal du Niger

Education




Agadez : lancement des épreuves pratiques du CQP 2026

Ce mercredi 20 mai 2026, au Centre de Formation aux Métiers (CFM) d’Agadez, le coup d’envoi des épreuves pratiques du…

Ce mercredi 20 mai 2026, au Centre de Formation aux Métiers (CFM) d’Agadez, le coup d’envoi des épreuves pratiques du Certificat de Qualification Professionnelle (CQP, session 2026) a été donné. Entre l’espoir affiché par les autorités d’atteindre un taux de réussite de 100 % et les préoccupations liées à l’employabilité, 361 candidats — dont 116 jeunes femmes — s’affrontent dans huit filières techniques, signe d’une stratégie régionale visant à transformer les compétences en emplois durables.

Ce matin, la cour du Centre de Formation aux Métiers bourdonnait d’activité : candidats et jurys s’affairaient à transformer la théorie en savoir-faire. Le Secrétaire général adjoint de la Région d’Agadez, Monsieur Diallo Saidou Hamidou, accompagné du Directeur régional de l’Enseignement et de la Formation techniques et professionnelles, Issoufou Ballé Ousseini, a officiellement lancé les épreuves pratiques du CQP, session 2026.

« Nous souhaitons que la Région d’Agadez obtienne un taux de réussite de 100 % », a déclaré M. Diallo après une visite rapide de quelques ateliers. Son message, à la fois porteur d’encouragement et d’ambition politique, résonne dans une région où les autorités présentent la formation professionnelle comme un levier essentiel de lutte contre le chômage et l’exode rural.

DR
© DR

Une mobilisation institutionnelle visible

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités civiles et militaires — l’Administrateur délégué de la Commune urbaine d’Agadez, le représentant du Sultan de l’Aïr, ainsi que des responsables des forces de défense et de sécurité — témoignant d’une large mobilisation institutionnelle autour d’un enjeu perçu comme vital : l’intégration socio-économique des jeunes. Le Directeur régional, M. Issoufou Ballé Ousseini, a pour sa part salué l’engagement des plus hautes autorités, qui ont « mis tout à disposition des différents centres pour le bon déroulement des examens ».

Sur le terrain, cet appui se traduit concrètement par la mise à disposition de matériel pédagogique et de « matière d’œuvre », fournie afin que les travaux pratiques se déroulent « de façon concrète », ainsi que par la présence des jurys et la prise en charge des frais y afférents, selon le Directeur régional. Ces garanties logistiques visent à professionnaliser la formation et à renforcer la crédibilité des certificats délivrés.

DR
© DR

Des chiffres qui parlent : diversité et parité en chantier

Pour cette session, la région présente 361 candidats répartis dans 12 centres, dont 116 filles, soit près d’un tiers des effectifs. Ils concourent dans huit filières techniques : mécanique rurale, mécanique réparation automobile, plomberie, agro-sylvo-pastoralisme, électricité bâtiment, menuiserie bois, construction métallique et couture. Cet éventail traduit une volonté d’adapter les compétences aux besoins locaux — agriculture, artisanat et maintenance — plutôt qu’à des métiers urbains éloignés des réalités de l’Aïr.

La présence féminine, bien que notable, demeure un point d’attention. Avec 32 % de représentation, les candidates restent principalement présentes dans des filières comme la couture ou l’agro-sylvo-pastoralisme, tandis que la mécanique et la construction demeurent majoritairement masculines. Les autorités locales ont ainsi souligné l’importance de renforcer l’accès des femmes aux filières techniques afin d’élargir leurs opportunités économiques.

Un enjeu économique et social

À Agadez, où l’économie repose sur des secteurs tels que l’élevage, l’artisanat et le petit commerce, les décideurs présentent la valorisation des métiers comme une stratégie de résilience : permettre aux jeunes de créer leur propre emploi, réduire la dépendance aux migrations risquées et ancrer les compétences localement. Les responsables régionaux considèrent ainsi la formation professionnelle comme un vecteur direct de développement socio-économique.

Mais derrière les discours officiels, plusieurs défis persistent : l’insertion effective des diplômés sur le marché du travail, l’accès au crédit pour lancer une activité et la continuité des formations adaptées aux évolutions technologiques. Les observateurs locaux appellent donc à des partenariats renforcés entre l’État, les collectivités, les entreprises et les ONG afin de transformer les certificats en emplois durables.

DR
© DR

Encadré — Femmes en formation : des progrès réels, mais une marge de manœuvre importante

Les chiffres révèlent une réalité contrastée : 116 femmes sur 361 candidats, soit environ 32 %, participent aux épreuves, principalement dans les filières de couture et d’agro-sylvo-pastoralisme, tandis que la mécanique et la construction restent majoritairement masculines. L’enjeu consiste donc à élargir l’accès des femmes aux filières techniques non traditionnelles et à soutenir leur entrepreneuriat à travers des dispositifs tels que les microcrédits et le mentorat.

En définitive, le lancement des épreuves pratiques du CQP illustre une volonté régionale forte de faire de la formation professionnelle un moteur d’insertion et de développement. Toutefois, si l’ambition affichée — atteindre un taux de réussite idéal de 100 % — constitue un signal politique clair, la réussite dépendra surtout de la capacité des acteurs à transformer ces acquis en emplois stables et en dynamiques économiques locales.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP