Au Niger, l’enjeu dépasse désormais la seule mobilisation des ressources pour le développement. Il s’agit surtout de rapprocher les initiatives, les compétences et les moyens afin de construire des solutions capables de produire des effets durables. C’est tout le sens de l’audience accordée hier après-midi par la présidente du Comité de gestion du FSSP, Mme Réki Moussa Hassane Djermakoye, au Sous-Secrétaire général des Nations Unies, Xu Xuang Xu. En visite au Niger, ce dernier a pu s’imprégner de l’expérience du Fonds, portée par la contribution volontaire des populations, tout en explorant avec ses responsables les possibilités d’une future coopération.
Du financement national à la recherche d’un effet multiplicateur
La visite n’avait rien d’une simple rencontre protocolaire. Elle a surtout permis au responsable onusien d’aller au cœur du modèle porté par le FSSP : comprendre son fonctionnement, mesurer les résultats obtenus et apprécier la manière dont les contributions volontaires des populations sont transformées en actions au service des priorités nationales.
Cette immersion intervient alors que le Niger cherche à renforcer ses propres capacités d’action face à des besoins considérables en matière de développement économique et social. L’enjeu, pour le FSSP, consiste désormais à faire en sorte que la mobilisation nationale puisse produire un impact encore plus large. C’est précisément sur ce terrain que l’intérêt des Nations Unies apparaît.
À l’issue de son entretien avec la présidente du Comité de gestion, Xu Xuang Xu a fait part de son intérêt pour l’expérience nigérienne. Il s’est notamment dit « impressionné » par le travail accompli par le Fonds et par les résultats issus de la mobilisation populaire. Derrière cette appréciation se dessine une possibilité : transformer l’expérience du FSSP en source d’inspiration et, surtout, identifier des domaines dans lesquels les deux parties pourraient agir ensemble.
La déclaration du responsable onusien — « nous voudrions travailler ensemble » — constitue l’un des principaux enseignements de cette audience. Car au-delà des actions déjà réalisées, la discussion ouvre une question plus stratégique : comment passer de la mobilisation des ressources à la construction de mécanismes capables de créer durablement des opportunités économiques ?
Cette interrogation place l’emploi au centre des perspectives évoquées. Le FSSP entend notamment explorer les possibilités d’une coopération qui ne se limiterait pas à accompagner des initiatives ponctuelles, mais qui permettrait de rapprocher davantage les ressources, les compétences et les besoins du terrain.
Une telle approche pourrait donner au Fonds une nouvelle dimension : celle d’un espace où la mobilisation nationale rencontre l’expertise internationale pour répondre à des problématiques concrètes.
Jeunesse et femmes : le véritable test de la coopération
Pour Mme Réki Moussa Hassane Djermakoye, la finalité est clairement identifiée. La coopération envisagée doit d’abord profiter à ceux qui doivent pouvoir participer directement à la création de richesse.
« Notre souhait est qu’ensemble, nous puissions mettre en synergie nos efforts afin que la jeunesse et les femmes du Niger puissent trouver un travail décent, participer à la création de la richesse et contribuer au développement du pays », a-t-elle déclaré.
Cette orientation donne à la rencontre une portée qui dépasse le seul cadre institutionnel. Elle place l’emploi décent, l’autonomisation économique et la participation des jeunes et des femmes à la production de richesse au cœur de la réflexion.
Pour le Niger, l’enjeu est majeur : une politique de développement ne peut produire tous ses effets si une partie importante de sa population reste éloignée des opportunités économiques. La création d’emplois et l’accès des femmes et des jeunes aux activités productives deviennent ainsi des indicateurs essentiels de l’efficacité des futurs partenariats.
La rencontre avec les Nations Unies pourrait également constituer un tournant dans la trajectoire du FSSP. Depuis sa création, le Fonds s’appuie sur une dynamique particulière : celle de la contribution volontaire des populations nigériennes. L’intérêt manifesté par un haut responsable du système des Nations Unies donne aujourd’hui une visibilité supplémentaire à cette expérience.
Mais la prochaine étape sera déterminante. Il ne s’agira plus uniquement de démontrer qu’une mobilisation populaire peut produire des résultats. Il faudra également identifier les mécanismes permettant de prolonger ces résultats, de les amplifier et, éventuellement, de les inscrire dans des partenariats plus structurés. C’est là que la perspective d’une synergie avec le système des Nations Unies pourrait prendre tout son sens.
Une porte entrouverte, pas encore un accord
Cette rencontre a surtout permis de poser les bases d’une réflexion commune et d’identifier des pistes de collaboration. Le véritable enjeu réside désormais dans la capacité des deux parties à traduire cette convergence de vues en initiatives concrètes. La visite de Xu Xuang Xu a rapproché deux dynamiques : une mobilisation née au sein de la société nigérienne et une expertise internationale capable de lui donner davantage d’ampleur.
Si cette convergence se matérialise, elle pourrait ouvrir un nouveau chapitre pour le FSSP : celui d’un fonds qui ne se limite plus à mobiliser la solidarité nationale, mais qui relie cette force populaire aux compétences et aux réseaux internationaux afin de créer davantage d’opportunités.
Au terme de cette démarche, une ambition se dessine : faire de la mobilisation des Nigériens un levier plus puissant pour l’emploi, l’autonomisation et la création de richesse. Le défi commence désormais après les discours : transformer la volonté de travailler ensemble en résultats visibles pour les populations.
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