Maradi, 3 août 2026 — Plus qu’une célébration annuelle consacrée à la plantation d’arbres, la troisième édition de la Journée nationale de l’Arbre s’est transformée en une tribune politique où les autorités nigériennes ont dessiné les contours de leur stratégie de développement. À travers les différentes allocutions prononcées à Chadakori, dans le département de Guidan Roumdji, un même message s’est imposé : la restauration des terres dégradées est désormais considérée comme un levier de souveraineté nationale.
Derrière les chiffres, les distinctions et les plantations symboliques, les responsables ont voulu démontrer que la politique environnementale ne relève plus d’une simple démarche écologique, mais d’un choix stratégique touchant à la sécurité, à l’économie et à l’avenir du pays.
Maradi présente les résultats concrets de la restauration de ses écosystèmes
Premier à prendre la parole, le gouverneur de la région de Maradi a dressé un état des lieux des actions menées depuis le début de l’année. Son intervention a surtout cherché à illustrer les progrès enregistrés dans la restauration des écosystèmes.
Le responsable régional a annoncé la récupération de 2 536 hectares de terres dégradées, la production de 683 417 plants forestiers, la réalisation de 763 kilomètres de bandes pare-feu et la mise sous protection de 11 337 hectares grâce à la régénération naturelle assistée. Il a également évoqué l’assainissement de 1 440 hectares envahis par des espèces nuisibles ainsi que l’empoissonnement de trois mares.
En rappelant que Maradi compte 17 forêts classées ainsi que plusieurs espaces protégés, le gouverneur a présenté la région comme un territoire appelé à jouer un rôle majeur dans la politique nationale de restauration des ressources naturelles.
Le ministère de l’Environnement renforce ses effectifs pour une gestion durable
Le ministre de l’Environnement a, quant à lui, placé son intervention sur le terrain des moyens humains. Saluant la décision présidentielle d’autoriser le recrutement de 1 000 agents des Eaux et Forêts, il a estimé que cette mesure renforcera durablement les capacités de protection et de gestion des ressources forestières.
Le ministre a également insisté sur l’évolution de la Journée nationale de l’Arbre, devenue, selon lui, un espace de réflexion permettant d’évaluer les politiques environnementales et de mobiliser l’ensemble des acteurs autour des défis liés à la dégradation des terres et au changement climatique.
Le Général Tiani associe la protection de la terre à la sécurité et l’autosuffisance
Prenant la parole à son tour, le Président de la République, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, a replacé les enjeux environnementaux dans une vision plus globale de la refondation nationale.
Sans limiter son discours aux seules questions forestières, le Chef de l’État a rappelé que la restauration des bases productives constitue l’un des fondements de la stratégie gouvernementale. Il a associé cette ambition aux priorités que sont le renforcement de la sécurité, la conquête de l’autosuffisance alimentaire, l’amélioration du système de santé et la création d’emplois pour les jeunes.
Le Président a également mis en avant les liens historiques entre les régions du Katsina et du Gobir, présentant cette solidarité territoriale comme un atout pour accompagner les transformations engagées par l’État.
Récompenses et symboles : Des actes concrets pour sceller l’engagement de l’État
Au-delà des discours, la cérémonie a traduit cette volonté politique par plusieurs gestes symboliques. Les meilleurs acteurs du concours national de la Journée nationale de l’Arbre ont été récompensés par des distinctions financières, tandis que plusieurs personnalités engagées dans la protection de l’environnement ont reçu des décorations honorifiques.
Enfin, la plantation symbolique d’un néré, désigné arbre de l’année, est venue conclure une journée où les allocutions ont largement dépassé le cadre protocolaire. À Maradi, les autorités ont voulu faire de l’environnement un pilier du développement économique, de la sécurité alimentaire et de la refondation du Niger.