Le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, a entamé ce mardi une visite de travail à Alger. Au menu des discussions avec son homologue Mohamed Arkab : la relance du méga-projet TSGP vers l’Europe et le déploiement de la Sonatrach au Sahel.
Alger, 2 juin 2026 – C’est un ballet diplomatique aux forts relents d’or noir et de gaz naturel qui se joue à Alger. Ce mardi 2 juin, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, a atterri à l’aéroport international Houari-Boumediene à la tête d’une importante délégation composée de cadres de son ministère et de la Société nigérienne du pétrole (Sonidep). Accueilli par le ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, ce déplacement officiel marque une nouvelle étape dans le rapprochement énergétique entre les deux voisins, sous l’impulsion des chefs d’État Abdelmadjid Tebboune et Abdourahamane Tiani.

Le TSGP au cœur des discussions entre Alger et Niamey
Le cœur politique de ce voyage réside dans la participation de la délégation nigérienne à la 5ᵉ réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (Trans-Saharan Gas Pipeline, TSGP). Ce serpent de mer de l’intégration énergétique africaine, long de plus de 4 100 kilomètres, ambitionne de relier les gisements du Nigeria à la côte algérienne via le territoire nigérien, avec pour objectif final d’approvisionner le marché européen d’ici à 2027.
Après des années de stagnation et de doutes sécuritaires, les premiers coups de pioche du tronçon nigérien, annoncés en début d’année, trouvent ainsi une accélération protocolaire décisive.Signé une première fois à Alger le 28 juillet 2022, relancé par un accord tripartite en février 2025, puis confirmé en février 2026 par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Abdourahamane Tiani, ce projet de 13 milliards de dollars vise à transporter près de 30 milliards de m³ de gaz par an vers l’Europe.

Le retour en force de la Sonatrach au Sahel
Au-delà de la dimension régionale du gazoduc, les discussions bilatérales entre MM. Tini et Arkab se concentreront sur des intérêts industriels immédiats, au premier rang desquels figurent les activités de la compagnie nationale algérienne Sonatrach au Niger. D’ailleurs, le géant algérien des hydrocarbures, qui avait dû mettre en sommeil certains de ses projets sahéliens en raison de l’instabilité politique, a concrétisé ces derniers mois son retour sur le bloc pétrolier de Kafra, situé dans le nord du Niger, près de la frontière algérienne.
« Pour Niamey, l’expertise technique d’Alger est une ressource inestimable pour maximiser sa production nationale. Pour Alger, stabiliser sa présence pétrolière au Niger est un impératif géostratégique face à la concurrence internationale », décrypte un expert des flux énergétiques africains.

Alger-Niamey : le pari d’un leadership énergétique africain
Par ailleurs, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, entend mener à bien ce projet afin de générer des débouchés concrets pour le Niger, avec des emplois et des retombées économiques directement profitables aux Nigériens, dans le strict respect de la souveraineté du pays. Ces revenus sont d’ailleurs jugés vitaux pour financer le programme de refondation nationale du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).
En consolidant cet axe Alger-Niamey, les deux nations tentent ainsi d’imposer un leadership énergétique endogène au cœur d’une sous-région en pleine reconfiguration politique. De plus, cette coopération renforcée pourrait également contribuer à accélérer l’intégration énergétique régionale tout en consolidant la souveraineté économique des États concernés.




