Sous l’impulsion du général d’armée Abdourahamane Tiani, la capitale nigérienne est entrée, ce jeudi, dans une nouvelle phase de « mobilisation générale ». Désormais, le dispositif repose sur des volontaires déployés aux points névralgiques de la ville afin d’épauler les forces de défense et de sécurité.
Depuis quelques années, Niamey vit au rythme des slogans de la « refondation ». Ainsi, ce matin, un nouveau palier a été franchi au rond-point du 6ᵉ arrondissement. Dans ce contexte, et dans une ambiance mêlant parade militaire et ferveur patriotique, le coordinateur national de la Brigade de Veille a officiellement lancé une vaste campagne de sensibilisation populaire.
À travers cette initiative, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) affiche un objectif sans équivoque : transformer chaque citoyen en un maillon actif de la chaîne sécuritaire nationale.

Le haut commandement au premier rang
Preuve de l’importance accordée à l’événement, les plus hautes autorités administratives et militaires de la capitale étaient présentes. Le gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumana Abdou Harouna, ainsi que l’administrateur délégué de la ville, le colonel Boubacar Soumana Garanke, ont assisté à ce déploiement.
Cette « mobilisation générale », décrétée par le président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, s’appuie sur une organisation quasi-militaire et des tactiques. Par ailleurs, leur mission est d’investir les 25 grands ronds-points de Niamey. Pour couvrir l’agglomération, les membres de la Brigade de Veille ont été scindés en cinq groupements pour haranguer les passants et diffuser les consignes de vigilance.

« Si vous voyez quelque chose, dites quelque chose »
Au cœur du dispositif, le message des autorités se veut direct et sans ambiguïté. « Ensemble, nous sommes tous des soldats de la refondation », martèlent les membres de la Brigade de Veille. Désormais, le régime appelle la population à devenir les « yeux et les oreilles » des Forces de défense et de sécurité (FDS).
Pour rendre cette collaboration effective, les autorités ont largement diffusé une liste de numéros verts dédiés aux alertes sécuritaires :
- 4040 pour l’Armée (FAN) ;
- 4000 pour la Gendarmerie ;
- 8383 pour la Police Nationale.
Une stratégie de survie et de souveraineté
Pour les observateurs de la scène sahélienne, cette manœuvre répond à un double enjeu. D’une part, elle permet aussi au CNSP de maintenir une pression constante et un sentiment d’urgence sécuritaire au sein de la population. D’autre part, elle renforce l’assise populaire du régime face aux menaces persistantes des groupes armés terroristes et aux pressions diplomatiques extérieures.
Ainsi, dans une capitale où les ronds-points se sont progressivement transformés en agoras politiques, cette nouvelle mobilisation confirme que la transition nigérienne n’entend pas relâcher son contrôle sur l’espace public.




