Au lendemain de la signature d’un pacte de coopération stratégique bilatéral, le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, a rencontré ce lundi 2 novembre 2026 le maréchal Khalifa Haftar dans son fief de Benghazi. Cette audience, accordée au siège des Forces armées libyennes (FAL), parachève une offensive diplomatique d’envergure destinée à verrouiller la frontière saharienne et à restructurer l’architecture de sécurité du Sahel.
Accompagné d’un état-major stratégique, comprenant notamment le général Amadou Ibro, chef d’état-major particulier du président Abdourahamane Tiani, et le général Abdourahmane Abou Zataka, patron de l’armée de terre, le chef du gouvernement nigérien a affiché la détermination opérationnelle de Niamey. Dès dimanche, la délégation avait acté un protocole d’accord-cadre avec le général Saddam Haftar et le président du gouvernement de l’Est libyen, le Dr Oussama Hammad. L’entretien de ce lundi avec le maréchal Haftar a ainsi formalisé cet engagement au plus haut niveau de la hiérarchie militaire de Cyrénaïque, tout en s’accompagnant d’échanges fraternels adressés directement au chef de l’État nigérien.
Ce rapprochement inédit répond à des impératifs sécuritaires urgents le long d’une frontière désertique commune particulièrement vulnérable. Niamey et Benghazi articulent notamment leur alliance autour de la neutralisation des groupes armés terroristes, du démantèlement des filières de contrebande et du contrôle des mouvements de combattants rebelles. Par ailleurs, le rôle déterminant joué par Benghazi fin octobre dans la libération d’une ressortissante suisse et d’une ressortissante autrichienne, détenues en otage au Sahel depuis plus d’un an, illustre l’influence tactique grandissante du commandement libyen dans la gestion des crises sahariennes.
Un réalignement géopolitique majeur au Sahel
En consolidant ce canal direct avec l’exécutif de Benghazi, le régime nigérien concrétise un virage diplomatique éminemment pragmatique. Cet accord offre ainsi à Niamey la garantie d’un partenaire doté de capacités militaires conséquentes pour stabiliser son flanc septentrional. De son côté, le commandement de Benghazi voit dans cette entente un moyen de renforcer sa stature d’acteur incontournable de la stabilité régionale, en fondant ce partenariat sur des mécanismes permanents de concertation et de suivi sécuritaire.
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