Le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, a clôturé, le lundi 2 novembre 2026, sa tournée stratégique à Benghazi, marquant une étape majeure dans le réalignement géopolitique du Sahel. À son départ du sol libyen, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Dr Abdulhadi Al-Huweij, représentant le chef du gouvernement de l’Est, le Dr Oussama Hammad, lui a rendu les honneurs protocolaires. Ce départ solennel consacre ainsi la réussite d’un déploiement diplomatique et militaire d’envergure mené par la haute direction de Niamey.
La consolidation d’un axe diplomatique et sécuritaire saharien
Ce déplacement officiel scelle le rapprochement structurant entre les autorités nigériennes et le commandement opérationnel de la Cyrénaïque. Au cours de son séjour, le chef du gouvernement nigérien a multiplié les rencontres au sommet, s’entretenant longuement avec le maréchal Khalifa Haftar, commandant en chef des Forces armées libyennes, ainsi qu’avec le général Saddam Haftar. Les deux parties ont ensuite concrétisé leurs engagements mutuels par la signature d’un accord-cadre de coopération stratégique. Ce partenariat bilatéral vise en priorité la stabilisation des zones frontalières partagées, la neutralisation des groupes armés transnationaux ainsi que la fluidification des échanges économiques interrégionaux.
Outre le volet purement militaire, la mission nigérienne a évalué les dynamiques de reconstruction et de génie civil déployées à Benghazi. Guidée par le Fonds pour le développement et la reconstruction de la Libye, la délégation a inspecté divers chantiers d’infrastructures urbaines et universitaires. Cette immersion technique illustre, par ailleurs, la volonté de Niamey d’associer la gestion des crises sécuritaires à des perspectives concrètes de développement territorial. Le gouvernement nigérien perçoit ainsi la stabilité de l’Est libyen comme un levier direct pour sécuriser ses propres frontières septentrionales et dynamiser le commerce transsaharien.
Un virage pragmatique pour l’architecture du Sahel
En institutionnalisant ce canal de concertation permanente avec l’exécutif de Benghazi, le Niger réaffirme une conduite souveraine et pragmatique de sa politique étrangère. Les deux nations instaurent désormais des mécanismes de suivi régulier afin de garantir l’exécution méthodique de leurs engagements sécuritaires. Dès lors, cette alliance renouvelée entre Niamey et Benghazi redessine les équilibres géopolitiques au cœur de l’espace sahélo-saharien, érigeant la coopération transfrontalière directe en pilier de la stabilité régionale.
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