En l’espace de quelques jours, les services de police de Zinder ont porté un coup d’arrêt décisif à des activités illicites allant du trafic de crack à l’escroquerie « mystique ». Cette démonstration de force sécuritaire intervient dans un contexte de vigilance accrue sous le régime de transition.
Le rituel est désormais bien huilé à Zinder. le mardi 3 février 2026, dans la cour de la direction régionale de la police, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, gouverneur de la région, a présidé une cérémonie de présentation de « butin » et de suspects peu ordinaires. Aux côtés du Sultan du Damagaram, Sa Majesté Aboubacar Sanda Oumarou, les autorités ont pris la mesure d’un péril sécuritaire aux multiples visages qui rongeait la deuxième ville du pays.

Crack et boutiques-écrans : la fin de cavale d’un baron local
C’est sans doute la prise la plus emblématique de cette opération menée par le Service Interrégional de la Police Judiciaire (SIRPJ) et l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS). Après quinze mois de traque, l’un des dealers les plus influents de la ville a été neutralisé.
L’homme, qui opérait sous le couvert d’une boutique de quartier, transformait lui-même la cocaïne en crack par un mélange chimique rudimentaire mais dévastateur. Considéré comme un maillon essentiel du trafic international dans la zone, il alimentait une consommation locale de plus en plus préoccupante. Lors de son arrestation, les enquêteurs ont saisi huit doses prêtes à la vente, confirmées par des analyses en laboratoire.

Le mirage du bétail : quand l’escroquerie devient « mystique »
Le deuxième réseau démantelé s’attaquait au cœur de l’économie rurale : les éleveurs. Profitant de la vulnérabilité et de la crédulité de certains bergers, les membres de cette bande promettaient une multiplication « miraculeuse » du bétail par des procédés mystiques.
Le stratagème fonctionnait à merveille : les membres du réseau conduisaient les victimes chez un marabout complice. Celui-ci, à grand renfort d’incantations et d’artifices visuels, dépouillait directement les éleveurs de leurs biens en leur promettant une prospérité illusoire. Ainsi, les autorités de Zinder considèrent ce démantèlement comme un signal fort adressé aux zones rurales, où les escroqueries fondées sur de faux miracles continuent de sévir.
Usurpation d’identité : le défi de la cyber-vulnérabilité
Enfin, le troisième volet de cette offensive policière a mis en lumière un crime plus moderne : le vol d’identité. À cet effet, la police a interpellé un individu spécialisé dans la collecte frauduleuse d’informations personnelles. Grâce à la fabrication de faux documents, il parvenait à détourner des comptes téléphoniques et bancaires, vidant les économies de ses victimes.
L’arsenal de pièces compromettantes retrouvé sur lui témoigne de la sophistication croissante des délinquants locaux, obligeant les forces de sécurité à une montée en compétences technologiques.

L’appel au « renseignement en temps réel »
Face à ce panorama de la délinquance, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani a salué le « dévouement » des unités de police tout en rappelant une règle d’or de la sécurité sous le CNSP : la collaboration citoyenne.
« Nous appelons la population à renforcer sa collaboration avec les forces de défense et de sécurité en fournissant des renseignements utiles en temps réel », a insisté le Gouverneur.
Dans une région frontalière où les flux de personnes et de marchandises s’intensifient, les autorités perçoivent la réussite de ces opérations de police judiciaire comme un test de crédibilité pour l’État. Bien décidées à assainir les centres urbains, elles s’attaquent aussi aux réseaux criminels qui financent, parfois, l’instabilité plus globale de la sous-région.




