ZINDER, 10 août 2026 — Le drame a frappé une famille de Kara Kara en pleine soirée. À peine âgé de 11 ans, Abdoul Raouf Abdoul Rahim a trouvé la mort après avoir été électrocuté dans le secteur de Garin Malan, à la limite du quartier Kara Kara, dans le 2ᵉ arrondissement de Zinder. Un accident brutal qui laisse une famille dans la douleur et remet au premier plan la question des installations électriques précaires dans les quartiers encore privés du réseau officiel.
La pluie venait de s’abattre sur la ville. L’orage avait grondé au-dessus de Zinder lorsque l’enfant s’est retrouvé au voisinage d’un poteau supportant une ligne destinée à la connexion Wifi. C’est là que le drame s’est produit.
En quelques instants, la vie du garçon a basculé. L’électricité l’a frappé mortellement, ne lui laissant aucune chance. La nouvelle s’est rapidement répandue dans le voisinage, plongeant les habitants de Garin Malan et de Kara Kara dans la consternation.
Les circonstances d’un drame survenu au secteur Garin Malan
Au-delà de la douleur, l’accident met en lumière une situation connue des habitants de cette partie de Zinder. Dans le secteur de Garin Malan, le réseau électrique officiel ne dessert pas encore l’ensemble des habitations. Pour disposer malgré tout de courant, des habitants ont recours à des installations artisanales et à des branchements réalisés en dehors des normes de sécurité.
Des fils sont ainsi tirés d’un point à un autre, parfois à proximité des habitations et des lieux de passage. Lorsque la pluie s’en mêle, ces installations deviennent particulièrement préoccupantes. C’est dans cet environnement que l’enfant a perdu la vie. Le drame rappelle alors une évidence trop souvent oubliée : un câble mal installé, un branchement improvisé ou une installation laissée sans protection peuvent devenir, à tout moment, un piège mortel.
Le piège mortel des branchements électriques artisanaux
Dans le quartier, l’émotion est vive. Le jeune Abdoul Raouf ne reviendra pas auprès des siens. À la douleur de la disparition s’ajoute désormais une question qui revient sur toutes les lèvres : fallait-il attendre qu’un enfant meure pour mesurer le danger de ces installations ?
Selon les témoignages recueillis après l’accident, l’électrocution serait survenue après le violent orage qui s’était abattu sur Zinder. Les circonstances précises du drame devront toutefois être établies.
Pour les proches de la victime, le constat reste terrible. Un enfant de 11 ans a perdu la vie dans un environnement où l’accès à l’électricité demeure difficile et où les solutions de fortune exposent quotidiennement les populations.
Réseau électrique à Zinder : Le cri d’alarme et la colère des habitants
La mort d’Abdoul Raouf relance donc la question de l’électrification des zones périphériques de Zinder. Les habitants souhaitent l’extension du réseau officiel afin de réduire le recours aux branchements clandestins et de sécuriser les foyers. Ils appellent notamment les autorités compétentes et la Société nigérienne d’électricité (Nigelec) à examiner la situation de ces quartiers et à apporter une réponse durable. Parce que derrière la demande d’électricité, il y a désormais une autre exigence : celle de la sécurité.
À Kara Kara, le deuil est lourd. Dans la famille d’Abdoul Raouf, comme dans le voisinage, les paroles peinent à couvrir le silence laissé par la disparition du garçon. À 11 ans, il est parti trop tôt, victime d’un danger que les habitants disent avoir signalé depuis longtemps. Son décès vient rappeler, avec une brutalité particulière, que l’absence d’un réseau sûr peut aussi avoir un coût humain.




