Face à l’asphyxie progressive des artères de la capitale, le gouvernement de transition franchit un cap historique. Le 18 mai 2026, le Conseil des ministres a acté la naissance de la SONITU, une société d’économie mixte aux ambitions colossales pour transformer de fond en comble la mobilité urbaine à Niamey.
C’est une réponse structurelle et attendue de longue date à un défi quotidien pour des millions de Nigériens. Réuni en Conseil des ministres le lundi 18 mai 2026 sous la présidence du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le gouvernement nigérien a officiellement adopté deux projets de décrets cruciaux. Le premier porte sur la création de la Société Nigérienne de Transport Urbain (SONITU), tandis que le second en fixe les modalités opérationnelles.
En choisissant le statut de Société d’Économie Mixte (SEM), l’État nigérien pose ainsi les jalons d’un partenariat public-privé agile, conçu pour sortir la capitale de l’anarchie des transports informels et l’ancrer dans la modernité.
Une feuille de route industrielle et des infrastructures lourdes
Loin d’être une simple annonce administrative, le projet SONITU se déploie comme un plan d’urbanisation global et particulièrement ambitieux. En effet, pour fluidifier le trafic et offrir aux usagers un service sécurisé, régulier et abordable, le gouvernement a validé un programme d’investissements lourds axé sur quatre piliers :
- Le renouvellement de la flotte : l’acquisition massive de bus de nouvelle génération, adaptés aux exigences climatiques et topographiques de Niamey ;
- Un hub névralgique : la construction d’une gare centrale moderne, véritable point d’interconnexion pour les voyageurs ;
- La maintenance et la logistique : l’implantation d’ateliers techniques intégrés et de terminaux de lignes sectorisés ;
- La refonte des voies : des aménagements urbains spécifiques (couloirs réservés, arrêts aménagés) pour garantir la fluidité des rotations.
Un modèle de financement tripartite et stratégique
Pour porter financièrement ce projet titanesque sans asphyxier les finances publiques, le CNSP a misé sur une ingénierie financière mixte reposant sur une alliance tripartite rigoureuse entre l’État nigérien, garant de la souveraineté du projet et de la tarification sociale pour les populations, les partenaires internationaux, apporteurs de capitaux et d’expertise technique en matière de mobilités durables, et le secteur privé, intégré au cœur de la gouvernance de la société afin d’assurer rentabilité, rigueur de gestion et pérennité.
Par ailleurs, avec le lancement de la SONITU, Niamey s’apprête à changer de visage : au-delà du simple confort des usagers, c’est toute la productivité économique de la capitale nigérienne qui doit recevoir un coup d’accélérateur majeur, traduisant la volonté du gouvernement de transition d’allier réformes souveraines et développement concret.




