À Niamey, le comité national chargé de rédiger les statuts de la future Agence de presse de la Confédération des États du Sahel a officiellement remis son dossier au ministre nigérien de la Communication, ce mardi 16 juin 2026. Accord constitutif, règlement intérieur, budget de démarrage : les textes seront soumis dans les prochaines semaines à un atelier de validation réunissant le Mali et le Burkina Faso, avant l’installation du siège de l’agence à Niamey.
C’est un jalon attendu dans la construction de l’architecture médiatique confédérale. En effet, le mardi 16 juin 2026, dans son cabinet, le ministre nigérien de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Adji Ali Salatou, a réceptionné les projets de textes relatifs à la création et à l’opérationnalisation de l’Agence de presse de la Confédération des États du Sahel (AES). Un comité national, mis en place à cet effet, les a élaborés ; ils doivent désormais franchir une dernière étape avant leur adoption : la validation par les deux autres États membres de la Confédération, le Mali et le Burkina Faso.
Le ministre Adji Ali Salatou salue le travail du comité et accélère le calendrier
En réceptionnant le dossier, le ministre a salué l’engagement d’un comité qui a travaillé, selon ses mots, « sans week-ends, du matin au soir », et dont il a souligné la rigueur, la disponibilité ainsi que « le caractère inclusif qui a prévalu tout au long des différentes séances de travail ». Pour M. Salatou, ces textes doivent désormais permettre d’accélérer le calendrier fixé pour le déploiement de l’agence.
« Ces projets de textes nous permettront d’aller très vite, conformément à la feuille de route, pour le déploiement et l’opérationnalisation de ce groupe de presse. Cette agence de presse sera logée ici même, à Niamey, inchallah. » Adji Ali Salatou — Ministre nigérien de la Communication
Une validation tripartite avec le Mali et le Burkina Faso avant l’adoption des textes
Le ministre a précisé qu’un atelier de validation tripartite examinera prochainement les textes, aux côtés du Mali et du Burkina Faso. Ouagadougou suit déjà le dossier avec attention : M. Salatou a transmis les encouragements de son homologue burkinabè, Gilbert Biafo, que la rapidité du comité nigérien aurait surpris. « On ne s’attendait pas à recevoir les textes aussi tôt. Vous avez réussi à le faire », aurait confié M. Biafo, selon les propos rapportés par le ministre nigérien.
Ce que contient le dossier
Projet d’accord portant création de l’agence ;
Décision relative à l’organisation et au fonctionnement ;
Statut de l’institution ;
Statut du personnel ;
Programme d’activités ;
Budget de démarrage ;
Grille des programmes ;
Prévisions en personnel ;
Règlement intérieur.
Le comité d’élaboration revendique un travail rigoureux et collectif
Côté comité, la présidente, Chaoulani Safiatou Amadou, a procédé à la remise officielle des documents et a rappelé le mandat qui avait guidé leur élaboration : « Il s’agit des textes fondamentaux ainsi que des documents de planification et d’opérationnalisation de l’Agence de presse de l’AES que le Niger va abriter. » Elle a qualifié la mission du comité d’accomplie, tout en assurant le ministre de sa disponibilité pour « tout éclairage technique complémentaire qui sera jugé nécessaire ».
« Le résultat d’un travail collectif mené avec rigueur, objectivité et sens de l’intérêt général. » Chaoulani Safiatou Amadou — Présidente du comité d’élaboration
L’Agence de presse de l’AES complète l’édifice institutionnel et médiatique confédéral
Par ailleurs, le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de construction symbolique et institutionnelle que l’AES a engagée depuis sa transformation en confédération à Niamey, en juillet 2024. Tout au long de l’année 2025, l’Alliance des États du Sahel a accumulé les attributs d’un espace souverain. Ainsi, elle a présenté son drapeau confédéral à Bamako, mis en circulation un passeport biométrique commun, créé une banque de développement chargée de financer des projets stratégiques et lancé une chaîne de télévision commune destinée à porter un récit sahélien autonome.
En outre, l’agence de presse confédérale s’annonce comme la pièce manquante de cet édifice médiatique : un outil d’information mutualisé pour les trois États, conçu comme un levier de leur souveraineté informationnelle.
À présent, la tenue de l’atelier tripartite constitue la prochaine étape décisive du processus. Si le calendrier est respecté, l’Agence de presse de l’AES pourrait devenir, après la force conjointe, l’un des symboles les plus visibles de l’intégration confédérale en cours entre Niamey, Bamako et Ouagadougou.
Au-delà de ces avancées institutionnelles, les populations des trois pays nourrissent l’espoir de voir aboutir rapidement d’autres projets structurants, notamment la mise en place d’une monnaie commune. Dans cette perspective, l’opinion publique attend également l’entrée en service effective de cette future agence de presse confédérale dans les prochains mois, perçue comme une nouvelle étape vers l’affirmation de la souveraineté et de l’intégration de l’espace sahélien.
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