Arlit : délestages électriques fragilisent les soins de santé - Journal du Niger

Santé




Arlit : délestages électriques fragilisent les soins de santé

À Arlit, les délestages électriques ne perturbent plus seulement le quotidien des ménages. Ils fragilisent désormais le fonctionnement des services…

À Arlit, les délestages électriques ne perturbent plus seulement le quotidien des ménages. Ils fragilisent désormais le fonctionnement des services de santé, obligeant les autorités administratives à intervenir en urgence pour éviter une dégradation de la prise en charge des patients.

Confronté à cette situation préoccupante, le préfet du département d’Arlit, le lieutenant-colonel Almoustapha Ousmane, s’est rendu mercredi 8 juillet au District sanitaire de la ville afin d’évaluer, sur le terrain, les conséquences des coupures répétées d’électricité et d’identifier les réponses les plus adaptées.

Cette mission intervient alors que la région subit les effets d’une panne technique enregistrée au niveau des installations de SONICHAR à Tchirozérine, perturbation qui affecte durablement l’alimentation électrique d’Arlit et met à rude épreuve plusieurs services essentiels.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez
Un hôpital qui fonctionne au rythme du groupe électrogène

Accompagné des principaux responsables administratifs, sécuritaires, techniques ainsi que des représentants de la société civile et des autorités coutumières, le préfet a parcouru les différents services du District sanitaire, installé dans les locaux de l’ancien hôpital de la COMINAK, désormais propriété de l’État.

Très vite, la visite a mis en évidence la dépendance presque totale de l’établissement à son groupe électrogène. Celui-ci constitue aujourd’hui la principale garantie de continuité des soins lors des longues périodes de délestage. Mais, cette solution d’urgence montre progressivement ses limites.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Des soins perturbés et des transferts de patients

Lors de la réunion de travail organisée à l’issue de la visite, le médecin-chef du District sanitaire a dressé un tableau sans détour des difficultés auxquelles les équipes médicales sont confrontées. Selon lui, les coupures répétitives ralentissent les activités médicales, compliquent la prise en charge des malades et augmentent la pression sur les équipements de secours. À cela s’ajoutent des réserves de carburant insuffisantes pour alimenter durablement le groupe électrogène.

Les responsables du District sanitaire dénoncent également l’absence de traitement prioritaire de leur établissement dans les programmes de délestage de la NIGELEC. Cette situation contraint parfois les équipes médicales à transférer certains patients vers l’hôpital de Téloua, ancien site hospitalier de la SOMAÏR, dès que les coupures d’électricité ne permettent plus d’assurer leur prise en charge dans des conditions satisfaisantes.

Face à ces contraintes, les responsables sanitaires plaident pour plusieurs mesures : un approvisionnement régulier en gasoil, un statut prioritaire lors des coupures programmées ainsi que la mise en place d’une alimentation solaire capable d’assurer une véritable autonomie énergétique.

Gouvernorat d'Agadez
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Des engagements immédiats des autorités

Prenant acte des préoccupations soulevées, le préfet a annoncé avoir déjà échangé avec le chef du secteur de la NIGELEC à Arlit afin que l’entreprise accorde désormais un traitement prioritaire au District sanitaire lors des opérations de délestage. Il a également appelé les responsables du centre de santé à renforcer leur communication avec l’administration départementale afin de lui transmettre rapidement les besoins urgents et de faciliter une intervention efficace.

Dans l’immédiat, une première réponse concrète a été apportée grâce à l’appui du Comité de gestion de Guidan Daka, qui a mis à disposition 1 132 litres de gasoil destinés à maintenir le fonctionnement du groupe électrogène.

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Miser sur le solaire pour sécuriser les soins

Au-delà des solutions d’urgence, les autorités départementales souhaitent inscrire leur action dans une logique plus durable. Le préfet a ainsi annoncé son intention de solliciter l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin d’examiner les possibilités d’un accompagnement technique et financier en faveur de l’installation d’un système d’énergie solaire. Cette option apparaît comme l’une des réponses les plus crédibles pour réduire la dépendance du District sanitaire aux carburants et aux aléas du réseau électrique.

À Arlit, où les difficultés d’approvisionnement en électricité mettent régulièrement sous tension les services publics, cette visite traduit la volonté des autorités de préserver la continuité des soins. Car chaque coupure de courant fragilise bien plus que le réseau électrique : elle met directement à l’épreuve la capacité du système de santé à répondre aux urgences et à protéger les populations.

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