Niger : Jusqu'à 10 ans de prison pour LGBTQIA+ dans le nouveau Code pénal - Journal du Niger

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Niger : Jusqu’à 10 ans de prison pour LGBTQIA+ dans le nouveau Code pénal

Le Niger franchit une nouvelle étape dans la refonte de son arsenal juridique. Réunis le 11 juin, les membres du…

Le Niger franchit une nouvelle étape dans la refonte de son arsenal juridique. Réunis le 11 juin, les membres du Conseil consultatif de la Refondation (CCR) ont adopté un nouveau Code pénal qui introduit plusieurs dispositions répressives, notamment à l’encontre des actes qualifiés d’impudiques ou contre nature. Le texte prévoit des peines d’emprisonnement pouvant aller de cinq à moins de dix ans ainsi que des amendes susceptibles d’atteindre 100 millions de francs CFA.

Cette réforme s’inscrit dans un vaste processus de révision du cadre législatif engagé par les autorités nigériennes dans le cadre de la refondation institutionnelle du pays.

Un durcissement des dispositions pénales

Le nouveau Code pénal renforce les sanctions applicables aux personnes reconnues coupables d’actes considérés comme contraires aux bonnes mœurs ou relevant de comportements qualifiés « d’impudiques ou contre nature ». Les peines prévues s’échelonnent entre cinq et moins de dix années de prison, assorties d’amendes pouvant atteindre 100 millions de francs CFA.

Ces dispositions concernent notamment les actes associés aux personnes LGBTQIA+, une orientation qui marque une évolution notable dans le dispositif répressif nigérien. Les autorités présentent cette réforme comme une mesure destinée à préserver les valeurs sociétales et culturelles du pays.

Une réforme inscrite dans la dynamique de la refondation

L’adoption de ce texte intervient dans un contexte plus large de restructuration des institutions et de modernisation du corpus juridique national. Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités de transition ont engagé plusieurs réformes touchant aussi bien à l’organisation administrative qu’au système judiciaire.

Le nouveau Code pénal vise ainsi à actualiser certaines dispositions héritées des précédentes législations et à adapter les sanctions aux nouvelles orientations définies dans le cadre du processus de refondation.

Un texte susceptible d’alimenter les débats

Cette réforme pourrait susciter des réactions parmi les organisations de défense des droits humains, qui la qualifient de restrictive. Cependant, une partie de la population se déclare satisfaite de cette décision et félicite les dirigeants pour leur initiative. Les questions relatives aux libertés individuelles et aux droits des minorités sexuelles figurent régulièrement parmi les sujets sensibles dans plusieurs pays africains, où elles se heurtent souvent aux considérations culturelles, religieuses et sociétales.

Avec l’adoption de ce nouveau Code pénal, le Niger ajoute ainsi un nouveau chapitre à son chantier de réformes institutionnelles, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de redéfinir les fondements juridiques et politiques de l’État.

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