Tahoua : à Ibecetan, le ministre exige la conformité des chantiers - Journal du Niger



Tahoua : à Ibecetan, le ministre exige la conformité des chantiers

TAHOUA, 13 octobre 2026 — Le ministre nigérien de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Bilaly Elhadj Gambobo, a ordonné…

TAHOUA, 13 octobre 2026 — Le ministre nigérien de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Bilaly Elhadj Gambobo, a ordonné la convocation rapide des entreprises et des structures de contrôle chargées des travaux d’un magasin de stockage d’aliments pour bétail à Ibecetan. Hier, lors de sa mission d’évaluation de la campagne agro-sylvo-pastorale 2026, il a constaté des non-conformités dans trois infrastructures financées par le Projet intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger (PIDACC).

Pour rappel, le ministre a entamé sa tournée le mercredi 7 octobre 2026 dans la région d’Agadez, avant de rejoindre Tahoua. Sa délégation a poursuivi les inspections à Azèye, Ibecetan et Tsaouna, où elle a examiné des exploitations agricoles, des centres d’élevage et des dispositifs de formation professionnelle.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
Un signal ferme sur la qualité

Au Centre de multiplication de bétail d’Ibecetan, le ministre a relevé des écarts par rapport aux normes exigées dans les travaux de trois ouvrages. Il a immédiatement instruit le secrétariat général de son département de convoquer, dans les meilleurs délais, les cabinets responsables de l’exécution et du contrôle des travaux du magasin de stockage d’aliments pour bétail.

Les autorités devront notamment revoir le codage et le chaînage intermédiaire de l’infrastructure. Cette décision traduit une volonté de renforcer le contrôle qualité des projets publics, dans un secteur où la disponibilité des aliments pour le bétail conditionne la résilience des éleveurs face aux déficits fourragers.

Le ministre n’a pas annoncé de sanction à ce stade. Mais sa demande de convocation immédiate des responsables indique que le gouvernement entend traiter les anomalies avant que les infrastructures ne soient réceptionnées ou mises en service.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
Un centre en restructuration

Par ailleurs, l’étape d’Ibecetan a permis d’examiner l’état d’avancement du Centre de multiplication de bétail. Son directeur général, le Dr Amadou Barthé, a présenté à la délégation les travaux de réhabilitation des clôtures, le développement des cultures fourragères ainsi que le programme de repeuplement des espèces protégées.

Même si le site se trouve encore en phase de structuration, les autorités le présentent comme un maillon essentiel de la stratégie nationale d’amélioration de la production animale et de préservation des ressources pastorales.

Dans cette perspective, le Projet d’appui au développement des chaînes de valeur agricoles et pastorales (PACIPA) prévoit d’investir plus de 1,2 milliard de FCFA. Ces ressources permettront de financer l’amélioration génétique — avec l’introduction de 20 têtes par centre —, l’équipement des installations et le renforcement des compétences des agents.

Une récolte offerte à l’État

En amont de la visite d’Ibecetan, la mission s’est arrêtée dans une exploitation agricole de la commune d’Azèye, où les résultats de production ont été jugés encourageants. Le promoteur Amani Aboubacar Djiballé exploite 3 000 hectares, mais il n’en utilise actuellement qu’un peu moins de la moitié (1 200 hectares) pour ses cultures. Celles-ci comprennent du niébé, du mil, du maïs, du sésame et de l’arachide. L’exploitation compte notamment 260 hectares de niébé, 100 hectares d’arachide et 180 hectares de mil.

À cette occasion, le promoteur a annoncé qu’il offrait l’intégralité de sa récolte à l’État du Niger. Il a présenté ce geste comme une contribution aux efforts des plus hautes autorités en faveur de la souveraineté alimentaire.

Le colonel Gambobo a salué cette initiative. Il a aussi transmis, au nom des autorités, ses remerciements au natif de Djiballé, dans le département de Bouza, et indiqué que les autorités régionales de Tahoua procéderont à la réception du don. Le ministère précisera ultérieurement l’utilisation des récoltes.

Former les jeunes aux métiers agricoles

À Tsaouna, dans la commune de Tabalak, la délégation a ensuite visité le Centre intégré d’innovation agriculture, élevage et formations professionnelles. Soutenu par la coopération allemande, ce centre propose des modules qualifiants en plomberie, menuiserie et métiers agro-pastoraux.

Ce dispositif a été présenté en détail au ministre lors de son passage. L’objectif est d’offrir aux jeunes des compétences immédiatement valorisables dans les filières agricoles, pastorales et artisanales, afin de dynamiser l’employabilité locale et d’encourager la transformation sur place des produits.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
Mission à Tahoua : Entre promesses agricoles et exigences de contrôle

Cette mission dans la région de Tahoua illustre la double priorité du ministère : stimuler la production agricole tout en exerçant un contrôle plus rigoureux sur les investissements publics. Les résultats encourageants observés à Azèye contrastent avec les anomalies relevées à Ibecetan.

Entre les résultats encourageants d’Azèye et les anomalies relevées à Ibecetan, cette tournée rappelle une exigence fondamentale : la souveraineté alimentaire ne se mesure pas seulement aux récoltes, mais également à la rigueur des infrastructures qui les soutiennent. En exigeant désormais des ouvrages conformes et durables, le gouvernement adresse un message de fermeté aux entreprises. Car, pour les producteurs de Tahoua, l’urgence n’est plus aux promesses, mais à des gains réels et tangibles sur le terrain.

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