Tabaski à Niamey : flambée des prix des moutons - Journal du Niger



Tabaski à Niamey : flambée des prix des moutons

À quelques jours de l’Aïd al-Adha, les camions de bétail s’enchaînent le long des routes et les marchés de Niamey…

À quelques jours de l’Aïd al-Adha, les camions de bétail s’enchaînent le long des routes et les marchés de Niamey débordent. Pourtant, la loi de l’offre et de la demande semble invisible : malgré une abondance record, les tarifs s’envolent et l’inflation asphyxie le portefeuille des ménages.

Niamey, 21 mai 2026 – C’est le cruel paradoxe de cette période de Tabaski à Niamey. Levez les yeux, et vous verrez des moutons à chaque coin de rue. Écoutez le vrombissement des moteurs, et vous constaterez le ballet incessant des camions lourdement chargés arrivant des quatre coins du Niger. La capitale est littéralement submergée par le bétail. Mais que l’on ne s’y trompe pas : abondance ne rime pas forcément avec baisse des prix.

Alors que l’année dernière avait offert un répit inattendu aux acheteurs, l’édition 2026 renoue avec la douloureuse tradition de la flambée des prix. Une réalité qui vire désormais au casse-tête pour de nombreux pères de famille.

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Le grand écart des tarifs : jusqu’à 450 000 FCFA le bélier

Sur les marchés de la ville, le simple coup d’œil coûte cher. Le bétail se négocie aujourd’hui à des tarifs vertigineux, variant de 85 000 à 450 000 FCFA selon le standing de l’animal. La grille tarifaire de cette semaine révèle une pression sans précédent :

  • L’entrée de gamme (80 000 – 100 000 FCFA) : des agneaux ou de petits moutons encore jeunes. Il s’agit du strict minimum financier pour accomplir le sacrifice.
  • Le milieu de gamme (120 000 – 200 000 FCFA) : c’est la catégorie la plus recherchée par la classe moyenne. Ces animaux, de bonne corpulence, exigent déjà d’importants sacrifices budgétaires pour les familles.
  • Le haut de gamme (250 000 – 450 000 FCFA) : des béliers imposants, parfois issus de races particulièrement prisées. Un luxe désormais hors de portée pour le Nigérien moyen.

Même le piment pèse sur les ménages

Comme si le prix du bétail ne suffisait pas, la fièvre inflationniste touche également les condiments indispensables aux grillades de la fête. Le cas du piment sec illustre parfaitement cette surchauffe du marché.

Alors même qu’il reste disponible en grande quantité, son prix a bondi de 50 % en seulement une semaine : le sac de 100 kg est passé de 20 000 FCFA la semaine dernière à 30 000 FCFA aujourd’hui. Au détail, la tia, soit environ 800 grammes, se vend désormais à 1 000 FCFA.

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Le pouvoir d’achat pris à la gorge

« Il y a des moutons partout, mais les prix sont intouchables », soupire un acheteur dépité croisé aux abords d’un point de vente routier.

Ce constat résume le sentiment général à Niamey. À l’approche de la plus grande célébration musulmane de l’année, la pression sur le pouvoir d’achat des Nigériens atteint son paroxysme. L’offre est bien présente, spectaculaire et visible, mais la spéculation ainsi que l’effervescence des derniers jours menacent de laisser de nombreux foyers sur la touche.

Ainsi, malgré des marchés bondés et des arrivages massifs de bétail, la Tabaski 2026 s’annonce, pour beaucoup de familles nigériennes, comme celle des choix difficiles.

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