Conakry, 22 juin 2026 – Les autorités guinéennes ont procédé, le vendredi 19 juin 2026, à l’arrestation de Rafiou Sow, homme politique et président du Parti du Renouveau et du Progrès (PRP). La justice le soupçonne d’avoir fui le Canada après le meurtre de son épouse, Rachelle Wrathmall, retrouvée sans vie en 2007 à Sherbrooke, au Québec. Cette interpellation spectaculaire découle d’une enquête que le parquet général de Conakry a relancée à la suite d’une investigation percutante du quotidien canadien La Presse et d’un entretien piégé mené par la journaliste Isabelle Hachey.
Un entretien piégé de La Presse brise vingt ans d’impunité
Sous le prétexte fallacieux d’un échange sur la situation socio-politique en Guinée, la journaliste Isabelle Hachey a confronté Rafiou Sow aux zones d’ombre entourant la mort de Rachelle Wrathmall. Pris au dépourvu, le chef de parti s’est embourbé dans ses propres déclarations, révélant des incohérences majeures. C’est précisément cet entretien qui a poussé les autorités guinéennes à rouvrir le dossier, en collaboration étroite avec les enquêteurs canadiens.
Un passé violent et des alertes tragiquement ignorées
Rafiou Sow avait initialement foulé le sol canadien en 2002 grâce à un visa d’étudiant. Pourtant, bien avant le drame, Rachelle Wrathmall avait alerté les services d’immigration canadiens dans une lettre poignante :
« Je ne me sens pas à l’aise de le parrainer. Je crains ses menaces. Il pourrait se montrer très violent. »
Les proches de la victime décrivent un homme jaloux et maladivement contrôlant. Malgré ces signalements explicites, l’administration n’avait pris aucune mesure préventive à l’époque. Le 29 juin 2007, un agresseur a poignardé à mort Rachelle Wrathmall à son domicile de Lennoxville (Sherbrooke). La Sûreté du Québec désigne immédiatement l’époux comme le principal suspect. Toutefois, le soir même du meurtre, Rafiou Sow fuyait vers le Maroc avant de regagner la Guinée, où il s’est reconstruit une virginité politique à la tête du PRP.
Interpol et la coopération internationale en marche
Aujourd’hui, les enquêteurs canadiens confirment leur ferme volonté de coopérer avec la justice guinéenne par le biais d’Interpol. Bien que le parquet de Conakry n’ait pas encore détaillé les chefs d’accusation précis, cette arrestation marque un tournant historique dans une procédure qui s’enlisait depuis près de vingt ans.
Ce cas emblématique met en lumière les failles systémiques de la coopération transnationale face aux criminels en fuite, mais consacre surtout le rôle d’aiguillon joué par le journalisme d’investigation dans la manifestation de la vérité.
À ce stade des procédures en cours à Conakry, aucune juridiction n’a encore reconnu Rafiou Sow coupable. L’homme politique bénéficie pleinement de la présomption d’innocence, alors même que les tractations autour d’une extradition vers le Canada s’annoncent d’ores et déjà complexes. Une affaire internationale à suivre de près.
Affaire à suivre.
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