Niger-Libye : Libération croisée de Barhadine Rifi et Mahmoud Sallah - Journal du Niger

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Niger-Libye : Libération croisée de Barhadine Rifi et Mahmoud Sallah

Niamey, 23 juin 2026 — C’est un dénouement digne d'un thriller géopolitique qui vient de se jouer sur l'axe Niamey-Benghazi-Tripoli.…

Niamey, 23 juin 2026 — C’est un dénouement digne d’un thriller géopolitique qui vient de se jouer sur l’axe Niamey-Benghazi-Tripoli. Ce lundi 22 juin, les autorités nigériennes ont acté la libération du chef de guerre libyen Barhadine Mehdoune Rifi et de ses hommes, mettant ainsi fin à un feuilleton sécuritaire qui tenait les services de renseignement du Sahel en haleine depuis près d’un an. Presque au même moment, le leader du Front patriotique pour la libération (FPL), le Nigérien Mahmoud Sallah, recouvrait lui aussi la liberté sur le territoire libyen.

Derrière ce double élargissement simultané, les analystes voient la main d’une négociation secrète de haut niveau entre les autorités nigériennes et les maîtres du sud libyen.

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Rappel des faits : le coup de filet de Tesker

Pour comprendre l’importance de ce dénouement, il faut remonter à juillet 2025. Sur la base de renseignements de premier ordre, les éléments de la Brigade territoriale de Tesker, dans la région de Zinder, tendent une embuscade majeure. Les militaires nigériens interceptent alors un convoi de cinq véhicules transportant 21 individus lourdement armés.

Parmi les visages fatigués par le désert, les forces de sécurité identifient une cible de haute valeur : Barhadine Mehdoune Rifi (ou Bahridine Mehdoune Rifi), le redoutable chef de la katiba libyenne « Ahrar Fazzan », un groupe armé très actif dans le sud de la Libye. Ébruitée sur les réseaux sociaux sous les mots-clés de l’époque, cette arrestation avait porté un coup d’arrêt majeur aux infiltrations transfrontalières.

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Un troc de haut vol : Rifi contre Sallah

Pourtant, la donne a radicalement changé ce 22 juin 2026. Des sources concordantes confirment que Barhadine Rifi, son lieutenant, Mohamed Sallah, ainsi que 20 autres personnes ont quitté leurs geôles nigériennes pour regagner la Libye.

Ce spectaculaire élargissement répond à un parallélisme des formes géopolitique. Simultanément, à Gatroun, sur le territoire libyen, les forces du maréchal Khalifa Haftar ont ouvert les portes de la cellule où croupissait Mahmoud Sallah.

 Appréhendé dimanche 23 février 2025 à Qatrun, dans le sud de la Libye par l’Armée nationale libyenne (ANL), Mahmoud Sallah dirige le FPL, un mouvement politico-rebelle nigérien qui menaçait les intérêts de Niamey depuis la frontière nord. En clair, chaque camp a rendu à l’autre son « épine dans le pied ».

Les nouvelles règles du jeu sécuritaire sahélo-libyen

En fin de compte, cet échange de prisonniers démontre la forte imbrication sécuritaire entre le Niger et la Libye. Plutôt que de s’enfermer dans de longs procès politiques, Niamey et les autorités de l’Est libyen préfèrent utiliser la diplomatie bilatérale directe pour stabiliser leurs arrières-gardes.

Dès lors, une question cruciale brûle toutes les lèvres : quel sort réel les autorités nigériennes et libyennes réservent-elles à ces deux figures ? Vont-elles les maintenir sous les verrous dans leurs pays respectifs pour donner des gages à la communauté internationale, ou les remettront-elles purement et simplement en liberté ?

Si cette dernière option se confirme, l’inquiétude se déplace sur le terrain : que vont devenir les frontières communes ? Le retour aux affaires de ces deux chefs de guerre réactivera-t-il les tensions et les trafics dans le bassin du Fezzan ? Ou ce pacte de l’ombre garantira-t-il, au contraire, une trêve durable le long d’une frontière poreuse et hautement stratégique ? La suite des événements le dira très vite.

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