Le gouvernement a déployé une forte délégation ce 24 juin 2026 dans la cité historique d’Agadez. Objectif : lancer la 10ᵉ édition du Forum national pour l’autonomisation des femmes et des jeunes (FONAF), un carrefour stratégique pour la souveraineté économique locale.
Le désert de l’Aïr vibre au rythme de l’innovation et des affaires. Ce mercredi 24 juin 2026, la ville d’Agadez s’est transformée en une vaste vitrine du savoir-faire nigérien à l’occasion de l’ouverture officielle de la 10ᵉ édition du Forum national pour l’Autonomisation des Femmes et des jeunes (FONAF). Preuve de la dimension stratégique de ce rendez-vous, un impressionnant aréopage gouvernemental a fait le déplacement dans le nord du pays, conduit par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, accompagné de ses homologues de l’Artisanat et du Tourisme, de la Refondation ainsi que de la Population.
Sous les yeux des partenaires techniques et financiers, des agences des Nations unies, des chefs coutumiers et du Sultan de l’Aïr, cette édition anniversaire ne se veut pas seulement une célébration. Elle s’affirme également comme un manifeste en faveur de l’émergence d’une nouvelle économie nigérienne portée par ses acteurs locaux.
Le combat d’une vie : dix ans d’engagement de Hadiza Maïga Mayaki
Si le forum mobilise aujourd’hui les plus hautes sphères de l’État, c’est avant tout le fruit d’une vision. La promotrice du FONAF, Mme Hadiza Maïga Mayaki, est montée à la tribune pour retracer une décennie d’engagement sur le terrain. Depuis sa création, ce forum a formé et accompagné plusieurs centaines de jeunes et de femmes à travers le pays. Un bilan concret qui a permis l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, loin de la dépendance aux activités informelles.
Émue, la fondatrice a rendu un vibrant hommage au gouverneur d’Agadez ainsi qu’aux autorités traditionnelles pour leur soutien constant, rappelant que l’autonomisation demeure avant tout une œuvre collective.
L’artisanat et les ressources locales comme leviers de souveraineté
À Agadez, carrefour millénaire des caravanes, la dimension culturelle rejoint les ambitions économiques nationales. La ministre de l’Artisanat et du Tourisme a ainsi rappelé que les métiers d’art ne relèvent pas du folklore, mais constituent un puissant levier d’émancipation économique, particulièrement pour les femmes vivant en milieu rural. Une orientation également défendue par la ministre de la Population, déterminée à renforcer l’accès des jeunes filles aux opportunités économiques.
Cette dynamique nigérienne trouve, par ailleurs, un écho favorable à l’international. Présente à la cérémonie, la représentante résidente de l’UNICEF, assurant l’intérim de la coordination du Système des Nations unies, a salué les avancées structurelles du Niger en matière de promotion de l’entrepreneuriat féminin et juvénile, tout en renouvelant le soutien de l’appareil onusien aux programmes nationaux.
Pour le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, le message porté par les plus hautes autorités du pays est sans équivoque : dans un contexte de refondation nationale, l’autonomisation des forces vives constitue l’un des piliers de la sécurité et du développement durable.
À cet égard, le ministre a assuré que l’État accentuerait ses réformes afin de lever les principaux obstacles au développement entrepreneurial : facilitation de l’accès au crédit, promotion de la consommation des produits locaux et renforcement de la compétitivité des PME nationales. Au cours des prochains jours, entre ateliers de formation, expositions des produits de l’Aïr et signatures de partenariats, Agadez entend démontrer que l’avenir économique du Niger se construit également aux portes du Sahara.