Faux billets au Niger : près de 3 millions de FCFA saisis à Tanout (Zinder) - Journal du Niger

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Faux billets au Niger : près de 3 millions de FCFA saisis à Tanout (Zinder)

À la barrière de contrôle de Tanout, la police nigérienne a brisé la trajectoire de trois faussaires en route pour…

À la barrière de contrôle de Tanout, la police nigérienne a brisé la trajectoire de trois faussaires en route pour Agadez. Dans leurs bagages, près de 3 millions de faux billets et les ramifications d’une mafia sous-régionale.

Tanout, verrou poussiéreux sur la route nationale nᵒ 11 reliant Zinder à Agadez, n’est pas qu’un point de passage pour les camions de marchandises et les voyageurs du Sahel. En effet, le mercredi 24 juin 2026, la barrière de contrôle de la Direction Départementale de la Police Nationale (DDPN) s’est transformée en piège pour un réseau de faussaires aux ambitions transfrontalières.

Trois hommes, aujourd’hui sous les verrous, s’apprêtaient à injecter une véritable bombe économique dans les marchés de la région : 2 985 000 francs CFA en coupures contrefaites.

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Le faux pas du passeur

Tout bascule lors d’un contrôle de routine à la sortie de la ville. En fait, un passager suspect attire l’attention des policiers. De nationalité nigériane, l’homme dissimule un trésor toxique. Dans ses effets personnels, les limiers découvrent des liasses de billets de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) et de l’Afrique centrale (CEMAC). La texture et les filigranes sonnent faux. Le pot aux roses est ainsi découvert.

Cependant, menée de main de maître, l’enquête ne s’arrête pas à cette première prise. En quelques heures, les enquêteurs de Tanout remontent le fil et cueillent également deux complices locaux dans la commune urbaine. Encaisser, dissimuler, guider : le trio avait un plan bien rodé. Par ailleurs, leur destination finale était Agadez, la mythique porte du désert, ses comptoirs commerciaux et son économie informelle florissante, terrain de jeu idéal pour écouler de la fausse monnaie sans éveiller les soupçons.

Un réseau, trois pays, un téléphone

Passés aux aveux lors des auditions, les suspects ont rapidement compris que les preuves étaient accablantes. Mais c’est l’examen technique du téléphone portable du principal suspect nigérian qui a révélé la véritable dimension de l’affaire.

En effet, loin d’être de petits artisans isolés, les trois hommes agissent comme des exécutants au sein d’une vaste organisation criminelle transnationale. Le répertoire et les applications de messagerie cryptée du convoyeur ont révélé des contacts réguliers et frénétiques avec des complices basés au Nigeria, au Tchad et au Cameroun. Un axe du faux qui inonde la sous-région.

« Nous sommes face à une criminalité organisée qui se joue des frontières. Ces faux billets menacent directement le pouvoir d’achat des citoyens et la stabilité des petits commerçants », commente une source judiciaire proche du dossier.

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L’union sacrée contre le crime

Mercredi, lors de la présentation officielle du butin, l’ensemble des corps constitués de la région a fait bloc. Autour du Directeur Départemental de la Police, le Secrétaire général de la Préfecture, le Président du Tribunal d’Instance, l’Administrateur délégué de la commune et le Chef de Canton de Tanout ont salué le coup de filet.

Pour ces autorités, si la vigilance de la police a payé, la pérennité de la sécurité repose sur un autre pilier : l’œil du citoyen. Dès lors, le message envoyé à la population est capital : face aux réseaux mafieux qui traversent le Sahel, la dénonciation n’est pas un choix, c’est une arme de légitime défense collective.

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