À Niamey, la traque d’un jeune universitaire de 21 ans, suspecté d’être le cerveau d’un réseau de vente d’épreuves corrigées du BEPC 2026, met en lumière la professionnalisation de la fraude aux examens nationaux.
NIAMEY, 29 juin 2026 – L’affaire secoue le milieu éducatif et sécuritaire de la capitale nigérienne en cette période d’examens à haute tension. La Direction de la Sécurité publique a diffusé un avis de recherche officiel afin de neutraliser ce que les enquêteurs qualifient de « réseau organisé » de fraude à la session 2026 du Brevet d’études du premier cycle (BEPC).
Au centre des investigations figure un jeune homme de 21 ans, Bachir Lawali Maïga, plus connu sous le pseudonyme de « Cech ». Son profil, mêlant compétences académiques et accès à des outils de transaction financière, illustre la mutation progressive des méthodes de fraude scolaire et documentaire au Sahel.
Le profil du suspect : entre précarité étudiante et opportunisme
Originaire de Niamey, le suspect présente un profil qui interpelle les sociologues comme les forces de l’ordre. Célibataire, de niveau universitaire et résidant dans le quartier populaire de Lazaret, Bachir Lawali Maïga cumulait deux activités stratégiques : agent au sein de l’agence Amana Transfert d’Argent de Banizoumbou II et enseignant dispensant des cours particuliers à domicile.
Selon les premiers éléments de l’enquête, cette double activité aurait facilité la mise en place de son entreprise illicite. D’un côté, sa proximité avec les élèves, grâce aux cours de soutien, lui permettait d’identifier une clientèle potentielle ; de l’autre, son poste au sein d’une agence de transfert d’argent lui offrait un canal propice pour monnayer discrètement ses services.
Un système présumé de vente d’épreuves corrigées
La police accuse le jeune homme d’avoir orchestré un véritable commerce parallèle. Selon les enquêteurs, le mode opératoire présumé consistait à obtenir les épreuves du BEPC, à en élaborer rapidement les corrigés, puis à les vendre aux candidats avant ou pendant les épreuves.
Ainsi, loin de la triche artisanale d’autrefois, les autorités dénoncent une organisation structurée visant à monétiser le stress des familles et des élèves. Toutefois, après la découverte présumée du réseau par la Direction de la Sécurité publique, le suspect aurait pris la fuite. Les enquêteurs redoutent désormais qu’il tente de quitter la région de Niamey, voire le territoire national.
Alerte générale et mobilisation des forces de sécurité
Face à la gravité de la situation, notamment pour la crédibilité des diplômes nationaux, le dispositif de recherche mobilise l’ensemble des forces de sécurité intérieure. La Police nationale, la Gendarmerie nationale et la Garde nationale ont reçu des consignes strictes afin de renforcer la surveillance des points de sortie de la capitale ainsi que des principaux axes routiers.
Par ailleurs, les autorités appellent à la vigilance citoyenne. Toute personne disposant d’informations susceptibles de permettre la localisation de Bachir Lawali Maïga est invitée à contacter sans délai le commissariat de Boukoki ou à joindre les services de sécurité au numéro communiqué par la police (89 26 25 27).
Au final, ce dossier relance la question de la sécurisation des examens officiels au Niger à l’ère des réseaux sociaux et des messageries chiffrées, où la diffusion d’un document confidentiel peut compromettre l’intégrité d’un examen et l’avenir de milliers de candidats en quelques clics.




