Le Niger réclame un partenariat médiatique fondé sur le transfert de compétences - Journal du Niger



Le Niger réclame un partenariat médiatique fondé sur le transfert de compétences

À la tribune du 7ᵉ Forum sino‑africain des médias, l’Observatoire national de la communication a présenté la « bataille informationnelle » que…

À la tribune du 7ᵉ Forum sino‑africain des médias, l’Observatoire national de la communication a présenté la « bataille informationnelle » que se livrent le Niger, le Burkina Faso et le Mali comme un enjeu central de la relation avec Pékin.

PÉKIN, 20 août 2026 — Le Niger a demandé jeudi à la Chine d’ancrer sa coopération médiatique avec l’Afrique dans un véritable transfert de compétences technologiques, plutôt que dans la seule fourniture d’équipements, à l’ouverture du 7ᵉ Forum sur la coopération des médias sino‑africains.

Ibrahim Manzo Diallo, président de l’Observatoire national de la communication (ONC), a porté cette position devant des responsables de l’audiovisuel chinois et africain réunis du 19 au 21 août au Centre des conférences de Pékin. Il était accompagné de Mariama Boubacar Oumarou, membre de l’institution. Par ailleurs, l’événement, organisé par l’Administration nationale de la radio et de la télévision de Chine, la municipalité de Pékin et l’Union africaine de radiodiffusion, s’inscrit dans le prolongement du sommet du Forum sur la coopération sino‑africaine (FOCAC) de 2024.

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Une « bataille informationnelle » au Sahel

Diallo a présenté le Niger, le Burkina Faso et le Mali comme parties prenantes d’une bataille informationnelle qui déborde, selon lui, sur une bataille des perceptions et des récits. Il a insisté sur le fait que la souveraineté informationnelle qu’il défend n’équivaut ni à une fermeture ni à un isolement, mais consiste dans le droit des peuples sahéliens à présenter eux‑mêmes leur réalité.

« Raconter l’Afrique depuis l’Afrique » — ambition résumée par Ibrahim Manzo Diallo, président de l’ONC.

Pour y parvenir, le responsable nigérien a évoqué la production d’une information crédible, la professionnalisation des rédactions, la formation des journalistes et une présence renforcée des médias africains dans l’espace numérique international.

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IA, cybersécurité et deepfakes

Diallo a appelé la coopération sino‑africaine à dépasser la simple acquisition de matériel audiovisuel. Ainsi, il a cité l’intelligence artificielle, les plateformes numériques, la télévision ultra‑haute définition, le cloud, la cybersécurité et la détection des deepfakes comme des priorités communes aux régulateurs des deux continents. Il a demandé que ces échanges intègrent formation, recherche conjointe et appropriation locale des outils.

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La jeunesse, moteur plutôt qu’audience

Le président de l’ONC a présenté la jeunesse africaine comme le moteur de la transformation numérique du continent, plutôt que comme sa simple utilisatrice. Dans cette optique, il a identifié quatre compétences à développer : comprendre le numérique, créer grâce au numérique, entreprendre grâce au numérique et s’y protéger — un axe qu’il relie à la lutte contre la désinformation générée par l’intelligence artificielle.

Contexte

Fondé en 2012, le Forum sur la coopération des médias sino‑africains se réunit tous les deux ans. Cette année, sa 7ᵉ édition rassemble plusieurs délégations ouest‑africaines, dont celles du Niger et du Burkina Faso, dans un contexte de rapprochement affiché entre Pékin et les pays de la Confédération des États du Sahel.

Le message du Niger résonne comme une exigence stratégique : bâtir une coopération médiatique fondée sur le transfert de savoirs et la souveraineté des récits. Pékin et les États sahéliens sont sommés de transformer l’échange technologique en levier d’indépendance narrative, afin que l’Afrique raconte enfin son histoire avec ses propres voix.

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