Niger : Première réintroduction réussie de l'autruche à cou rouge - Journal du Niger

SociétéBiodiversité




Niger : Première réintroduction réussie de l’autruche à cou rouge

Deux ans après leur transfert depuis le centre d’élevage de Kellé, huit autruches à cou rouge ont retrouvé la nature…

Deux ans après leur transfert depuis le centre d’élevage de Kellé, huit autruches à cou rouge ont retrouvé la nature le 2 septembre. Ainsi, l’opération portée par le ministère de l’Environnement et l’ONG Sahara Conservation marque la première réintroduction réussie de l’espèce dans le pays.

Huit autruches à cou rouge évoluent de nouveau en liberté dans la réserve de biosphère de Gadabedji. Le ministère de l’Environnement et l’ONG Sahara Conservation ont procédé à leur relâche le 2 septembre 2026, au terme d’un programme d’élevage engagé il y a près de deux ans à Kellé, dans le département de Gouré.

Les huit spécimens relâchés, âgés de 18 à 30 mois, avaient été transférés à Gadabedji sous forme d’autruchons de deux mois. De fait, le projet, alors accueilli avec scepticisme par une partie de l’opinion, a mobilisé les agents des Eaux et forêts pendant près de deux ans, jusqu’à ce que les oiseaux atteignent l’âge de la reproduction.

DR
© DR
Une première nationale, sous surveillance rapprochée

L’espèce avait disparu du milieu naturel nigérien depuis le début des années 2000, victime du braconnage et de l’instabilité dans le nord du pays. C’est pourquoi cette relâche constitue le premier aboutissement concret d’un programme de restauration lancé conjointement par l’État nigérien et Sahara Conservation sur plusieurs sites d’élevage.

La cérémonie a réuni des cadres de la direction des Eaux et forêts, le gouverneur de la région de Maradi, le préfet de Bermo, l’administrateur délégué de la commune de Gadabedji, ainsi que les chefs coutumiers du département de Bermo et le chef de canton du Koutous. Le général Mahamadou Ousseini, pionnier de l’élevage et de la conservation de l’autruche au Niger, comptait également parmi les invités.

Les intervenants ont appelé les populations riveraines de la réserve à s’investir dans la protection et le suivi de ces oiseaux désormais en liberté, condition jugée déterminante pour la réussite à long terme du programme.

DR
© DR
Deux ans de soins quotidiens à Gadabedji

Entre le transfert des autruchons de Kellé et la relâche de ce mardi, les agents des Eaux et forêts basés à Gadabedji se sont relayés jour et nuit pour nourrir, abreuver et surveiller les jeunes oiseaux, quelles que soient les conditions climatiques. Par ailleurs, le suivi vétérinaire et logistique de la colonie a mobilisé une équipe restreinte sur le terrain pendant près de deux ans.

Maimounatou Ibrahim, surnommée sur place « la maman des autruches », a encadré l’ensemble de cette phase d’élevage jusqu’à la relâche des oiseaux.

Le programme national de restauration de l’autruche

  • Espèce : autruche à cou rouge (Struthio camelus camelus), disparue du milieu naturel nigérien depuis les années 2000.

  • Sites d’élevage : Kellé (Zinder), aux côtés d’autres centres associés au programme national de conservation.

  • Partenaires : ministère de l’Environnement du Niger et ONG Sahara Conservation.

  • Étape franchie : première relâche en milieu naturel, dans la réserve de biosphère de Gadabedji.

Un modèle pour de futures réintroductions

Les autorités et les responsables de Sahara Conservation présentent déjà cette opération comme une référence pour de prochains relâchés, au Niger comme dans d’autres pays sahéliens confrontés au même défi de restauration de la faune sauvage. En définitive, le suivi des huit autruches dans leur nouvel habitat déterminera la suite du calendrier de réintroduction.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP