NIAMEY, 2 septembre 2026 — Quatre jours après les événements sécuritaires qui ont secoué la capitale nigérienne, les Forces vives de la Nation ont réuni mercredi des représentants de la société civile et plusieurs responsables publics à la Place de la Concertation à Niamey. Le rassemblement visait à afficher un soutien au Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et au processus de refondation conduit par le général d’armée Abdourahamane Tiani.
Une mobilisation organisée après les événements du 28 août
Le meeting intervient dans un contexte particulièrement tendu. Dans la nuit du 28 au 29 août, des soldats mutins ont attaqué plusieurs sites stratégiques de Niamey, notamment la base aérienne 101 et des installations liées au pouvoir. Les forces restées loyales aux autorités ont ensuite repris le contrôle des principaux points affectés par les affrontements.
Face à cette crise, les Forces vives avaient appelé dès le 30 août à des mobilisations pacifiques afin de condamner ce qu’elles qualifient de tentative de déstabilisation et de soutenir les Forces de défense et de sécurité. Elles avaient précisément annoncé la tenue d’un meeting à la Place de la Concertation pour le 2 septembre.
Les autorités et la société civile réunies
La rencontre de mercredi a rassemblé des membres du CNSP et du gouvernement, ainsi que le président du Conseil consultatif de la Refondation, Mamoudou Harouna Djingarey. Le gouverneur de la région de Niamey, l’administrateur délégué de la ville et plusieurs responsables de l’administration territoriale figuraient également parmi les participants.
Des représentants de la société civile ont pris part à cette mobilisation, aux côtés de différents acteurs sociaux. La présence de ces composantes devait donner au rassemblement une portée nationale et traduire, selon les organisateurs, un front commun autour de la stabilité du pays.
Le pouvoir cherche à afficher une base de soutien
Au-delà de la condamnation des récents troubles, le rassemblement constitue un signal politique adressé aux responsables du CNSP. Les organisateurs ont réaffirmé leur soutien aux institutions issues de la transition et au processus de refondation engagé depuis l’arrivée au pouvoir des militaires en juillet 2023.
Cette démonstration intervient toutefois dans un environnement marqué par des tensions internes croissantes. Les affrontements du 29 août ont révélé des divisions au sein de l’appareil sécuritaire, alors que le Niger reste confronté à la pression persistante des groupes jihadistes dans plusieurs régions du pays. Reuters rapporte notamment que la mutinerie a mis en évidence le mécontentement d’une partie des militaires engagés sur les fronts contre les groupes armés.
Un message axé sur la cohésion nationale
Les Forces vives ont placé la paix, la cohésion sociale, la souveraineté et la défense des intérêts du Niger au centre de leur démarche. Elles avaient également appelé la population à conserver son calme, à poursuivre normalement ses activités et à rester vigilante face aux rumeurs et à la désinformation.
À Niamey, le meeting du 2 septembre cherche donc à transformer une période de crise sécuritaire en démonstration de solidarité politique autour du CNSP. Reste désormais pour les autorités à consolider ce soutien affiché tout en répondant aux défis sécuritaires et aux tensions internes révélés par les événements de la fin août.




